Tes mots sur mes lèvres

tesmotssurmeslèvresJe m’appelle Nastya.
Voilà 452 jours que je ne parle plus. À personne. Depuis que quelqu’un m’a volé ma vie et ma seule passion.
Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit.
Sauf Josh Bennett.
Il est toujours seul, comme moi.
Un jour, il me parle.
Et ma vie change.
Encore une fois.

 

 

Un nouveau lycée. Une jeune fille. Un jeune homme. Une rencontre. Une grande partie des Romans ados commencent un peu comme ça, alors, au premier abord, on peut se dire un roman de plus. Mais non. Un roman comme ça on aimerait en lire souvent ! Il est empreint d’une telle justesse des sentiments que ça en devient palpable, physiquement palpable.

Nastya ne parle pas, au fur et à mesure du roman, avec quelques flashbacks, on va comprendre pourquoi. Elle arrive donc dans ce nouveau lycée avec la volonté, non pas de passer inaperçue, mais de faire suffisament peur pour que personne n’ait envie de lui parler. Et avec ses talons, sa tenue qui passerait comme normale sur un trottoir tard le soir et un maquillage outrancier, elle attise regards, mais pas de tentatives amicales. Parfait selon elle.

Josh, dans le même lycée, aime être seul. Il aime se réfugier dans la salle de menuiserie. Travailler le bois, être seul,c’est le lot de ce garçon qui a comme un « champs de force » autour de lui. Personne ne s’aventure sur son banc. Pourtant, quand il parle, on l’écoute, on le respecte. Mais les autres c’est pas son truc.

L’alternance des paragraphes dédiés à chacun des deux personnages donne une force supplémentaire à leurs pensées, leurs visions de la vie, leurs douleurs. Chacun d’eux porte une souffrance en eux. Pas un petit chagrin d’amour, non, Nastya a subi un grave traumatisme qui l’a laissé comme morte, et Josh a perdu  quasi tous les membres de sa famille en l’espace de quelques années.
Et c’est cette rencontre que nous raconte Katja MILLAY, avec émotion, mais sans sentimentalisme, avec profondeur mais sans misérabilisme, avec une certaine tristesse mais sans apitoiement.
En aucun cas, il faut s’attendre à une véritable action. On découvre les personnages pas à pas. Au gré de leur pensée, de leurs souvenirs. On les découvre quasiment en même temps qu’ils se découvrent entre eux et eux mêmes. Et on apprend à les aimer, petit à petit, avec leurs défauts. Tout est dans la délicatesse, sans aucune niaiserie. Un tour de force pour ce roman qu’on repose triste de devoir laisser ces personnages. Et pas seulement ces deux là. Il y a Drew, le meilleur ami de Josh, le bad boy qui tombe toute les filles. Lui aussi m’a touché, d’une manière complètement différente. D’ailleurs, j’aurais aimé en savoir plus sur Clay, Sarah, la famille de Nastya, voilà le seul reproche que je peux faire à ce roman. Une petite centaine de pages ne m’aurait pas semblé superflue.

Je ne préfère pas en dire trop car on en apprend petit à petit sur ces personnages et trop en dévoiler gacherait une partie du plaisir…

Bien sûr, on peut dire que c’est un énième roman sur le mal être adolescent. Mais, celui ci, comme tous ceux dont je fais un billet d’ailleurs, a ce quelque chose en plus. Ce petit plus qui touche en plein coeur. Et mon coeur à moi a fait un sacré saut à la fin de ce roman tellement je l’ai aimé.

La collection Territoires nous offre un excellent roman et ancre un peu plus sa place dans le rayon « Young Adult » (oui je parle anglais aussi…), ou Jeunes adultes, pour les francophiles !

Pour qui ?

Vous avez aimé « Le ciel est partout », « Coeurs brisés, têtes coupées », ce roman est pour vous !

Pour ceux qui aiment les beaux romans jeunesse qui prennent aux tripes…

Sonia