100 000 canards par un doux soir d’orage

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Thomas Carreras

Sarbacane 2015 – 300 pages

 

 

 

 

 

Quand Ginger, 18 ans, débarque à Merrywaters – le bled le plus paumé d’Angleterre- pour assister à un festival de musique, elle est loin de se douter que les canards seront aussi nombreux dans le coin. Ni qu’ils commenceront à l’espionner…

La suite ? Ah non c’est tout, on ne vous dit rien !

Bon, moi je vais en dire quelques trucs quand même, parce que j’ai très envie de vous donner envie….

Anatidaephobie (n.f) peur panique à l’idée d’être observé par des canards.

Le pitch est simple : un trou perdu au Royaume Uni, Merrywaters, organise un festival de musique où Stevie Wonder, les Rolling Stone, les Village People et tant d’autres seront là. Impossible de rater ça pour Ginger Hunter, jeune baroudeuse venue de Paradise City, Nevada. Deux semaines avant le Nightfest, elle réussit à se dégoter un job au seul pub du coin. Et dans ce coin (coin, elle est facile celle là alors j’hésite pas !), Ginger se rend vite compte que cette campagne est une campagne où le canard est roi. Des canards, il y en a partout. Et surtout, Ginger commence à se sentir un peu espionnée par tous ces anatidés. Et si les canards n’étaient pas aussi inoffensifs que cela ? Et oui, si vous connaissiez pas le mot anatidaephobie, vous allez  vite comprendre voire même le ressentir, car cette définition n’était pas là pour faire croire que je connais des mots, parce que non je ne connaissais pas !, elle figure bien sur la quatrième de couverture. L’anatidaephobie est une maladie inventée par Gary Larson, auteur de bandes dessinées, il va falloir que je me penche sur son oeuvre, tiens….Un de plus !

Et c’est là qu’on part dans un délire de fou ! Mélangez un peu des Oiseaux d’Alfred  Hitchcock, un peu du Livre sans nom du Grand Anonyme et on se prend un cocktail explosif en pleine poire ! Ca part dans tous les sens, c’est complètement cramé et donc tellement jouissif !

Vous en connaissez beaucoup des romans où Mike Jagger et Stevie Wonder, tranquillement défoncés se demandent si c’est un bad trip ou alors si les canards peuvent vraiment bouffer de l’humain. Moi, j’en avais pas encore lu, heureusement, Thomas Carreras est passé par là.

Je n’avais pas lu 50 cents, premier roman sorti chez Exprim ( Encore me direz vous, mais, il n’y a pas de hasard, les nouveaux bons auteurs français sont souvent chez eux…) et je vais y remedier rapidement ! Ma PAL ne descendra jamais et ça, en fait ça me rend bien heureuse !

Oui, l’auteur est jeune, et on sent bon nombre de bonnes références cinématographiques, je vous laisse les retrouver 😉 et aussi de littérature dite de genre (même si j’aime pas ce terme mais on ne va pas entrer dans un débat là maintenant, alors me lancez pas sur le sujet !). Et OUI, c’est terriblement bien écrit, bien construit, on se laisse entrainer dans cette histoire de dingue en se marrant ( si vous lisez dans les transports, attendez vous à rire bêtement parfois…), en frissonant d’horreur aussi, de temps en temps.

Donc en lisant ce roman, j’ai pensé que je devais avoir pas mal de références en commun avec Thomas Carreras, et beaucoup de bonnes choses, ciné, littérature. Bon, avoir les mêmes références ne veut pas dire coup de coeur bien évidemment, il en faut plus. Une bonne histoire, un style, et ce petit plus qui te donne envie d’écrire un billet sur le blog. Avec 100 000 canards par un doux soir d’orage, on a tout ça.

C’est fou (c’est l’adjectif récurrent vous l’avez bien compris je suppose !), c’est drôle, décapant, complètement jouissif !

Comme je ne vis pas au milieu des canards, mais en région parisienne où on est plutôt entourés par les pigeons, après la lecture de ce roman, je ne les ai plus regardés de la même façon…Eux aussi auraient toutes les raisons de nous attaquer sauvagement, donc, je pense qu’on devrait les surveiller sérieusement. D’ailleurs c’est ce que je fais depuis. Et parfois, ils ont vraiment l’oeil belliqueux. Vraiment, hein. J’exagère à peine.

Je dois vous prévenir, préparez vous à avoir envie d’écouter Paradise City, Guns N’ Roses et Black Betty, Ram Jam. Impossible de me les sortir de la tête ! Et ne me dites pas que vous ne connaissez pas, ou pire que vous aimez pas, je serai trop déçue, hein !

 

Bref, on en redemande. Le talent n’attend décidément pas le nombre des années….

Et je tiens à vous rassurer sur mon objectivité : non, personne chez Sarbacane ne m’a soudoyée, ils ont juste des auteurs de talent, j’y suis pour rien, moi. Et clairement,  des livres comme ça j’en veux encore et toujours !

Pour qui ?

Pour ceux qui veulent se marrer en lisant un bon livre.

Pour ceux qui aiment les romans cinématographiques. Messieurs les cinéastes à quand une adaptation ? Ca le mérite !