Les Géants

 

 geantsLes Géants

Benoît Minville

Sarbacane 2014- 288 pages.

Ça se passe sur la côte Basque. 
Les Géants, ce sont eux :
Deux familles, un clan qui se serre les coudes depuis toujours. Les parents, ouvriers et pêcheurs, gardent la tête haute. Leurs fils ont le surf pour vocation. Peu ou pas d’horizon.
Et soudain, la vague arrive :
César, le grand-père, revient. Il a passé 20 ans en prison ; tout ce temps, on a fait croire qu’il était mort… et il a des comptes à régler.
De lours secrets à déterrer.

 

J’avais beaucoup aimé son premier roman paru également chez Sarbacane dans la collection X’prim. Si vous avez oublié Je suis sa fille, relisez le billet ou mieux le roman ! Donc Benoît Minville revient ici avec un nouveau roman, avec une bande son tout aussi rock’n’roll. Et même si dans cette bande son on trouve Papa Roach, je n’ai pas refermé aussitôt le livre…( private joke to V. !)
Je vous le dis tout de suite pour Les Géants, les mots « coup de coeur » ne reflètent pas vraiment la réalité. Ce roman ce fut une claque. Je pèse mes mots : une méga claque.

Nous sommes au Pays Basque, à l’approche de l’été, ce moment où les touristes déferlent pensant qu’ils sont chez eux. Les Géants, ce sont eux, eux qui vivent là toute l’année. Deux familles, un clan, ouvriers, pêcheurs, deux couples, quatre enfants, amis dans le bonheur autant que dans l’adversité, pas dans les mauvaises passes seulement : ce ne sont pas des amitiés de façade, ce sont des amitiés d’une vie. Des amis comme on en rencontre peu. Mais il n’y a pas que la galère et la crise, il y a aussi le surf, les filles, la vie sur la côte, la mer celle qui peut tant te donner, et tout te reprendre en un clin d’oeil.   Au milieu de tout cela : des secrets, des petits et un grand. Le grand, c’est un de ceux qui, une fois pété à la gueule, le retour en arrière est impossible.

Le secret, c’est César Sabiani, le grand père marseillais qu’on croyait mort il y a bien longtemps. Le retour de ses vingt ans de prison renvoie au patriarche Auguste la honte, sa honte d’être le fils de son père. Ce retour est synonyme de danger, plus encore que pouvait le redouter, Auguste, le père de Marius et Alma.

Marius, lui aussi, a un secret, son rêve : partir découvrir le monde sur son bateau. Mais c’est difficile d’annoncer à ceux qu’on aime le plus au monde sa volonté de les quitter. Son meilleur ami, Esteban, a lui aussi un secret, un secret d’amour.

Voilà l’intrigue est là. Une histoire presque banale. Ce sont sans doute les histoires les plus simples qui font les plus grands personnages. Et les Géants font partie de ceux là, tous sont attachants, tellement attachants d’ailleurs que je ne voulais pas les laisser partir, je voulais les garder encore avec moi le plus longtemps possible. Alors, je l’ai savouré ce roman, doucement, lentement, pour que les Géants grandissent encore un peu plus en moi. Tant pis pour ma PAL énorme, j’avais besoin de ce temps. Besoin de digérer ces émotions, cette intensité. Ce n’est pas un roman qui se dévore, non, il se déguste par petites touches tant il est fort. Benoît Minville a tellement de talent qu’une scène de petit déjeuner familial vous fait monter les larmes aux yeux, dans les silences, les gestes. On ressent tout, fort, si fort. C’est épidermique, vous allez avoir les poils, tout au long de la lecture, je préfère vous prévenir ! Donc, effectivement, la trame est bien , vraiment bien d’ailleurs, mais ce sont des personnages extraordinaires qui la font vivre si fortement.

Je vous assure : une fois rencontrés, Marius, Alma, Estéban, Bartolo, Auguste, Enora, Henriko et Samia, vous ne pourrez pas les oublier, et en plus, vous voudrez vous en souvenir. Vraiment.

Alors non, je survends pas ce livre : je l’ai vraiment trouvé exceptionnel. Je ne pense pas pouvoir retranscrire l’émoi, le bonheur, tout ce que m’a procuré ce roman.

Je crois que je n’ai pas besoin d’en dire plus, à part, s’il vous plaît : Ne passez pas à côté de ce BIJOU.

C’est pour ce genre de roman de cette trempe que je me lève le matin car c’est un bonheur de le conseiller car je suis certaine qu’il frappera en plein coeur. Ouais, mon boulot, c’est ça : donner du bonheur à mes clients avec des pépites comme celles là. Cool, non ?

Pour qui ?

Les habitués de la collection chez Sarbacane s’y retrouveront bien sûr. Ceux qui ont aimé son premier roman vont adorer celui là.

En fait, ce roman est fait pour TOUS

 

Tes mots sur mes lèvres

tesmotssurmeslèvresJe m’appelle Nastya.
Voilà 452 jours que je ne parle plus. À personne. Depuis que quelqu’un m’a volé ma vie et ma seule passion.
Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit.
Sauf Josh Bennett.
Il est toujours seul, comme moi.
Un jour, il me parle.
Et ma vie change.
Encore une fois.

 

 

Un nouveau lycée. Une jeune fille. Un jeune homme. Une rencontre. Une grande partie des Romans ados commencent un peu comme ça, alors, au premier abord, on peut se dire un roman de plus. Mais non. Un roman comme ça on aimerait en lire souvent ! Il est empreint d’une telle justesse des sentiments que ça en devient palpable, physiquement palpable.

Nastya ne parle pas, au fur et à mesure du roman, avec quelques flashbacks, on va comprendre pourquoi. Elle arrive donc dans ce nouveau lycée avec la volonté, non pas de passer inaperçue, mais de faire suffisament peur pour que personne n’ait envie de lui parler. Et avec ses talons, sa tenue qui passerait comme normale sur un trottoir tard le soir et un maquillage outrancier, elle attise regards, mais pas de tentatives amicales. Parfait selon elle.

Josh, dans le même lycée, aime être seul. Il aime se réfugier dans la salle de menuiserie. Travailler le bois, être seul,c’est le lot de ce garçon qui a comme un « champs de force » autour de lui. Personne ne s’aventure sur son banc. Pourtant, quand il parle, on l’écoute, on le respecte. Mais les autres c’est pas son truc.

L’alternance des paragraphes dédiés à chacun des deux personnages donne une force supplémentaire à leurs pensées, leurs visions de la vie, leurs douleurs. Chacun d’eux porte une souffrance en eux. Pas un petit chagrin d’amour, non, Nastya a subi un grave traumatisme qui l’a laissé comme morte, et Josh a perdu  quasi tous les membres de sa famille en l’espace de quelques années.
Et c’est cette rencontre que nous raconte Katja MILLAY, avec émotion, mais sans sentimentalisme, avec profondeur mais sans misérabilisme, avec une certaine tristesse mais sans apitoiement.
En aucun cas, il faut s’attendre à une véritable action. On découvre les personnages pas à pas. Au gré de leur pensée, de leurs souvenirs. On les découvre quasiment en même temps qu’ils se découvrent entre eux et eux mêmes. Et on apprend à les aimer, petit à petit, avec leurs défauts. Tout est dans la délicatesse, sans aucune niaiserie. Un tour de force pour ce roman qu’on repose triste de devoir laisser ces personnages. Et pas seulement ces deux là. Il y a Drew, le meilleur ami de Josh, le bad boy qui tombe toute les filles. Lui aussi m’a touché, d’une manière complètement différente. D’ailleurs, j’aurais aimé en savoir plus sur Clay, Sarah, la famille de Nastya, voilà le seul reproche que je peux faire à ce roman. Une petite centaine de pages ne m’aurait pas semblé superflue.

Je ne préfère pas en dire trop car on en apprend petit à petit sur ces personnages et trop en dévoiler gacherait une partie du plaisir…

Bien sûr, on peut dire que c’est un énième roman sur le mal être adolescent. Mais, celui ci, comme tous ceux dont je fais un billet d’ailleurs, a ce quelque chose en plus. Ce petit plus qui touche en plein coeur. Et mon coeur à moi a fait un sacré saut à la fin de ce roman tellement je l’ai aimé.

La collection Territoires nous offre un excellent roman et ancre un peu plus sa place dans le rayon « Young Adult » (oui je parle anglais aussi…), ou Jeunes adultes, pour les francophiles !

Pour qui ?

Vous avez aimé « Le ciel est partout », « Coeurs brisés, têtes coupées », ce roman est pour vous !

Pour ceux qui aiment les beaux romans jeunesse qui prennent aux tripes…

Sonia