Porcelaine

Porcelaine – Légende du tigre et de la tisseusenouvautes0

Estelle Faye

Les Moutons Electriques – 288 pages

(Magnifique illustration de couverture par Amandine Labarre)

roman, roman français, mondes imaginaires

 Extrait : Ce n’est pas seulement une troupe, ce sont tous les rêves, toutes les histoires et tous les mythes de la Chine qui défilent sous ses yeux. Toutes les traditions du théâtre, des fastueuses troupes du Sud aux acrobates aériens du Pays de Shu, en passant par les masques bizarres et inquiétants des rives de l’Océan…dans un arc-en-ciel de formes, de couleurs, de lumières et de sons.

 

 

 

Chine, vers l’an 200. Pour avoir voulu aider son père dans la quête de la poterie parfaite, Xiao Chen a courroucé les dieux d’une forêt magique et a hérité d’une figure de tigre en lieu et place de son visage. Jeté sur les routes par son village, il trouve refuge dans un cirque itinérant. Là, il fait la connaissance d’une jeune fille frêle aux yeux verts de jade, Brume de Rivière, dont il découvrira bien vite qu’elle est une fille-fée aux pouvoirs redoutables. Blessé après avoir voulu la sauver d’une attaque de monstres, il troquera son cœur contre un morceau de porcelaine fêlée.

Plusieurs siècles plus tard, toujours sur les routes, Xiao Chen rencontre Li Mei, une jeune tisseuse qui devient sa femme. Celle-ci voit plus loin que le masque d’être humain qu’il porte pour cacher son faciès de tigre, et l’amour naîtra doucement entre eux. C’est sans compter sur Brume de Rivière, amoureuse et jalouse, qui fera tout pour les désunir.

 

Un seul mot suffirait pour décrire ce roman, qui tient autant de l’épopée que du conte fantastique chinois : charmant. Pas le « charmant » qui pourrait signifier mignon voire cucul, mais charmant au sens ensorcelant du terme. Tel un charme magique, le roman d’Estelle Faye m’a tenu tout au long de la lecture entre l’état d’esprit d’un enfant de sept ans à qui on raconte une histoire pleine de magie et de rebondissements, et celui d’un lecteur adulte qui savoure 300 pages durant une écriture fine et délicate.

 

L’avantage des contes est qu’ils durent 3 ou 10 pages. Les tenir sur la longueur est plus difficile, soit qu’on se lasse, soit qu’ils deviennent redondants. Or, Estelle Faye parvient miraculeusement à garder notre intérêt constamment intact en ayant l’art du rebondissement ou du changement d’époque qui surviennent toujours pile au bon moment.

 

Ce roman est à conseiller à tout le monde : aux plus jeunes, qui pourront le lire sans peine à partir de 13-14 ans, aux amateurs de fantasy, genre dont se rapproche le texte, aussi bien qu’aux lecteurs de littérature « blanche » pour peu qu’ils aient apprécié l’onirisme d’un roman tel que Le cœur cousu de Carole Martinez par exemple.

 

Une mention spéciale à la splendide couverture dessinée par Amandine Labarre, qu’on savoure de plus en plus au fur et à mesure de la lecture tant elle convient bien à l’ambiance du roman.

 

Pour qui ?

Pour les amateurs de roman, de fantasy, de contes, ou de jolis textes tout courts.

Pour ceux qui aiment les ambiances de théâtre itinérant, qui donnent à ce roman quelques unes de ces plus belles pages.

Pour les fascinés de la Chine, dont Estelle Faye décrit très bien la vie des villes et des villages au cours des siècles.

 

Bonnes lectures à tous et toutes,

 

Yvain

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