Plaisirs d’été

rattrapage0A tous ceux qui se disaient « Valérie elle n’existe pas vraiment » ou bien « quelle fainéante cette Valérie, elle n’a écrit que deux articles et encore le second elle ne l’a même pas écrit toute seule » et j’en passe et de plus ou moins sympathiques, à tous, je dis j’existe ! J’ai peu écrit jusqu’à présent, et sans me chercher d’excuse, il est vrai que cet exercice bloguesque prend l’air de rien pas mal de temps…je ne lis d’ailleurs plus les autres blogs  avec le même regard et un voile d’indulgence nimbe ma lecture…

 

Je m’excuse donc pour mon absence quelque peu prolongée, voire chronique depuis la naissance de ce blog, et vous promets d’essayer vraiment de faire mieux…

 

Yvain, si tu me lis, j’y tiens à notre blog et j’aime ce que tu en as déjà fait au cours de sa courte existence.

 

Bon, enfin je ne suis pas là pour m’étaler davantage sur mes états d’âme et mon sentiment de culpabilité grandissant….

 

C’est l’été, donc, et l’été on lit, n’est-ce pas ? Il parait que certains ne s’y adonnent qu’à cette période, ma question est : comment font ils pour (sur)vivre les onze autres mois ???

 

Bon, enfin ceci est un grand débat que je n’approfondirai pas ici, puisque cet article était destiné au départ à vous faire part de mes lectures plaisirs de vacances.

En voici déjà quatre à dévorer de tout urgence si ce n’est pas déjà fait…

 

Le palais de verre

Simon Mawer – Le Cherche Midi – mars 2012

Traduit de l’anglais par Céline Leroy

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 Je triche un peu car celui-ci, je ne l’ai pas lu cet été, mais à sa sortie au mois de mars, mais si vous ne l’avez pas lu, c’est l’occasion rêvée que cet été parfois capricieux.

 

Ce livre est une grande fresque dont le théâtre est ce palais de verre, réel personnage de ce roman, et qui se déroule des années 20 jusqu’aux années 80.

 

Liesel et Viktor Landauer, jeune couple tchécoslovaque, rencontreront l’architecte de leur maison à Venise : Rainer Von Abt est un adepte de Loos, de Mondrian et Le Corbusier. Il réalisera leur rêve, construire une demeure futuriste. Ce Palais de verre abritera leur histoire mais sera aussi le témoin de l’histoire de ce pays : occupation nazie, puis occupation soviétique, c’est tout un pan de l’histoire de ce pays que Simon Mawer nous donne à découvrir.

 

Je voulais absolument parler de ce livre car il n’a pas eu tous les articles ni rencontré le public qu’il mérite. C’est un livre très original, d’une réelle qualité littéraire et dont l’histoire nous entraîne très loin. Il se dégage de ce livre une atmosphère à nulle autre pareille : les personnages semblent en apesanteur dans leur monde, loin des remous historiques et de la vie qui les entoure. C’est extrêmement bien rendu dans le livre, pour laisser la place à celui qui est vraiment l’élément central, à défaut d’être un personnage, ce palais de verre, cette maison.

 

Je profite de l’occasion pour saluer le formidable travail  qu’accomplit la traductrice de ce roman : Céline Leroy. Fidèle aux auteurs qu’elle traduit mais dans une langue belle, elle nous permet de découvrir de la plus belle manière les auteurs anglo-saxons. J’ai eu l’occasion de la lire cette année dans un très très grand coup de cœur : Sale temps pour les braves de Don Carpenter (Cambourakis) et d’apprécier la qualité de sa traduction. C’est pour moi une preuve supplémentaire de la qualité d’un livre qu’il soit traduit par elle. Un grand bravo à cette traductrice de talent et à tous les autres qui oeuvrent dans l’ombre et que l’on évoque trop peu.

 

L’art du jeu

Chad Harbach – Jean Claude Lattès – juin 2012

Traduit de l’anglais (Ếtats-Unis) par Dominique Defert

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Je n’aime pas le sport, enfin disons plus positivement que je n’y vois pas beaucoup d’intérêt.

Je ne comprenais rien au baseball avant de commencer ce livre (et j’ai déjà essayé plusieurs fois auparavant de comprendre), je n’y comprends toujours rien après avoir terminé ce livre, et cependant…j’ai adoré ce livre, dont l’action se situe presque exclusivement au sein d’une équipe de baseball.

 

Un jeune homme va devenir le joueur vedette de l’équipe de baseball de Westish college, petite université du Wisconsin, soutenu par son mentor, un joueur plus âgé de l’équipe. D’autres personnages auront un rôle important dans le roman, mais je ne veux vraiment pas trop en dire pour ne pas empiéter sur le plaisir de les découvrir, je m’arrêterai donc là.

 

Peinture de mœurs, histoires d’amour et d’amitié, compétition et ambition, il est question de tout cela et bien plus encore. La vie et l’atmosphère de ce College sont si bien évoquées qu’on a l’impression de le connaître. Les rapports entre les personnages sont justes. Les personnages sont entiers et extrêmement humains.

 

Ce premier roman m’a fait penser au Maître des illusions de Dona Tartt mais aussi aux premiers romans de John Irving. Une très belle réussite et un plaisir de lecture de bout en bout.

 

Les règles du jeu

Amor Towles – A1lbin Michel – mars 2012

Traduit de l’anglais (Ếtats-Unis) par Nathalie Cunnington

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Encore les années folles mais ici, nous sommes à la fin des années 30 à New York et nous suivons les tribulations de Katey Kontent, qui rêve d’une place au soleil, parmi les WASP locaux. Je ne vous dirai pas si elle y parvient.

 

Sachez seulement que vous prendrez beaucoup de plaisir à la suivre. L’évocation de cette époque est parfaite, renforcée par les portraits en noir et blanc d’époque de Walker Evans qui ouvrent les quatre parties.

http://www.metmuseum.org/toah/works-of-art/1971.646.18

 

Jazz, bars enfumés, voitures décapotables, tout le decorum est là, mais aussi les pool de dactylos surveillées de très près, les frémissements de l’émancipation des femmes : car cette jeune femme incarne toutes celles qui ont bataillé pour se faire accepter, au travail ou ailleurs et pour vivre leur vie comme elles l’entendaient.

 

Ce premier roman est aussi une belle réussite. Il a déjà quelques mois, mais je n’avais pas eu le temps de le lire : il attendait patiemment l’été que son tour vienne. Je ne regrette vraiment pas cette lecture. J’ai dévoré cette histoire et j’ai adoré son héroïne.

 

Mr Monster

Dan Wells – Sonatine – juin 2012

Traduit de l’anglais (Ếtats-Unis) par Ếlodie Leplat

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Si vous avez-lu « Je ne suis pas un serial killer », du même Dan Wells, vous retrouverez John Wayne Cleaver, jeune sociopathe qui partage sa peau avec Mr Monster, personnage dangereux et toujours sur le qui-vive pour lui faire commettre les pires méfaits. Seule sa mère est au courant des pulsions dévastatrices qui le traversent. Comme dans le premier, il va lutter pour ne pas se laisser submerger, d’autant que des cadavres commencent à joncher la ville et que certains habitants mériteraient volontiers que l’on s’occupe d’eux.

 

Le héros a grandi, mûri et a pris le temps d’analyser et de connaître ses ravageuses pulsions : c’est extrêmement bien rendu dans le roman et ce personnage de serial killer en puissance est très sympathique. Ce thriller ne ressemble vraiment à aucun autre, et vous passerez un vrai bon moment à redouter que Mr Monster ne s’éveille…

 

Vivement le troisième et dernier volet de cette trilogie consacré à John Wayne Cleaver…

D’autres livres m’ont plu, mais je vous en parlerai plus tard, des nouveautés de la rentrée et aussi de quelques auteurs…bref plein d’articles à venir 😉 !

 

Pour qui ?

 Les trois premiers raviront tous les amateurs de grands romans, que l’on dévore avec bonheur.

Le dernier plaira aux amateurs de polars aux  personnages atypiques.

 

Belles lectures et bel été à tous.

Valérie

 

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