Milkymee

autour0

musique,

Bonjour à toutes et tous,

 

 Pour une fois, l’article qui va suivre ne parlera pas, ou peu, de livres, mais de musique.

A l’heure où sort son troisième album (ou quatrième, c’est selon…), j’ai tenu à vous présenter une jeune et talentueuse chanteuse répondant au sobriquet de Milkymee.

musique,

 

Par souci d’honnêteté, il me faut préciser d’entrée de jeu que Milkymee, alias Emilie dans la vraie vie, est une amie. Je l’ai rencontrée à quinze ans, j’ai entendu ses premières tentatives d’accords à la guitare avec Célia, qui nous avaient présentés, leurs reprises de tout ce qui nous faisait frémir à l’époque (de Radiohead à Nirvana en passant par Mano Solo; bah voui, c’était 95, donc forcément connoté). J’ai entendu leurs premières compositions communes, leur capacité à fondre leurs deux voix dans de très belles harmonies rodées à force de chanter ensemble partout et tout le temps (dans la rue, dans le métro, dans des bars….). Nous avions notre endroit à nous, le Repaire (aux parents d’Emilie en fait, mais vu que nous la squattions tous les week-ends, ça a fini par devenir un peu chez nous aussi) et mes seize-dix-sept ans me semblent avoir été marqués par une succession sans fin de week-ends à chanter avec les filles jusqu’à six heures du matin, en fumant clope sur clope et en buvant de la mauvaise bière…

 

Quelques années plus tard, Emilie a lancé le projet Milkymee première mouture, du punk électro qui tachait un peu, mais dont le côté primaire était assez jouissif en concert, ambiance « on saute partout en gueulant bien fort parce que quand même, une copine qui fait du punk c’est trop cool c’est trop une rock-star ma pote ! ». Musicalement, force m’est de constater que je ne l’aurai pas acheté pour l’écouter en boucle, mais bon… Au dernier concert qu’elle ait donné, le set se terminait néanmoins par une chanson qui dénotait franchement de son univers d’alors, une mélodie très douce intitulée « 3,6,5, seconds of light » (si mes souvenirs sont bons) qui m’avait beaucoup plu. Milkymee deuxième mouture était en chemin…

 

Emilie est partie pour la Suède pour y vivre, ce qui fait que je n’ai pas eu de nouvelles pendant un certain temps. Quand j’ai reçu un texto « Mon premier disque est en vente à la Fnac des Halles, c’est trop cool ! », j’ai poussé quelques hurlements hystériques de compétition, j’ai foncé aux Halles, et j’ai baragouiné quelque chose du genre « Meuarhhhh, copine, cd, meuaaaaaarh, Milkymee, trop fort, copiiiiiiine » au vendeur blasé du rayon « rock indépendant ». C’est dans le métro vers chez moi que je me suis rappelé que je n’étais pas fan de punk électro primaire, mais bon, « meuarhhhh, copine, cd, trop fort », tout ça, tout ça…. Arrivé chez moi, j’ai lancé le cd et je me suis pris une grosse claque en écoutant 

 

musique, Songs for Herr Nicke

(Tsunami Addiction)

“I washed away the crap from inside your head and you threw snowballs at my enemies”

 

 Songs for Herr Nicke est un disque doux, enneigé et cotonneux, dont on sent l’influence de la vie suédoise sur les compositions. Folk simple et lumineuse, où des couches de chœurs bercent constamment les chansons, c’est un album à écouter au crépuscule, au chaud un soir d’hiver, ou en se baladant sous la neige.

 

Mais Emilie est aussi une fille du rock, et le rock affleure constamment dans ses compositions, bien que sans jamais faire rugir ses guitares. En fait, Songs est un album plus complexe qu’il n’y paraît, et qui sous des airs de simplicité musicale folk acoustique, résiste à de nombreuses écoutes, tant il est riche.

 

L’album est malheureusement épuisé, mais est facilement trouvable sur internet. Je vous recommande l’écoute des titres suivants : All skies stained white (l’hiver dans toute sa splendeur), Powergrudge (ma petite préfére, un poil plus rock et écrite par Boulder dDash, frère d’Emilie et musicien dans le groupe électro Ddamage), No end in sight (magnifique chanson co-écrite avec Célia Keren à l’époque du repaire susnommé, et dont on trouve une autre version sur le deuxième album), Make way for the mittens, Bring my harp et The milky way (ébauchée quelques années plus tôt sous le titre 3, 6, 5, seconds of light).

 

Dire que j’ai été surpris par l’album est un euphémisme. Certes, Emilie était ma copine, et j’aurais trouvé des qualités teintées de mauvaise foi à du punk-électro primaire. Mais là, j’étais agréablement sous le charme, et je sais que j’aurais autant apprécié si je n’avais jamais rencontré la chanteuse. J’attendais avec impatience un nouvel album, qui fut une révélation encore plus grande.

 

musique, To all the ladies in the place, with style and grace

Tsunami Addiction

 

Le titre, tirée d’une chanson du rappeur Notorious BIG, déjà, est tout un programme, et annonce la couleur : chaque chanson est dédiée à une ou des femmes, réelle ou imaginaire.

 

L’album parvient à être très homogène, alors que les chansons évoluent pour beaucoup dans des univers et des tons très différents. Au niveau de l’écriture, on sent la demoiselle chercher et tenter des choses, souvent avec succès. Ca fait toujours du bien de constater que certains musiciens oublient leurs acquis et leur routine pour tenter de se renouveler, en étant assez conscients et sûrs de leur univers de départ pour ne pas tomber dans l’imitation ou la perte d’identité.

 

Du rock indé sautillant de Screwdriver, The Girl Next door ou Snowballing, de l’expérimentation digne d’un Radiohead sous vocoder avec Everyday Routine, de magnifiques ballades avec Nathalie Brown (une des meilleures de l’album, et de très loin) ou In a Rented room… Chaque chanson a son ton propre, et fait mouche le plus souvent. La demoiselle se permet même le luxe de reprendre admirablement Elvis Presley sur un  You were always on my mind  à fleur de peau et qui renvoie se rhabiller de nombreux sosies du King.

 

Et puis, il y a une chanson, dont, dès la première écoute, j’ai su qu’elle allait passer très souvent dans mon ipod et sur ma chaîne, et qui serait la « carte de visite » dès que je voudrais faire découvrir Milkymee à quelqu’un. Elle est dans la plupart de mes cd compils pour la voiture ou la maison, trône en bonne place dans mes setlists ipod ou iphone… Il s’agit de la chanson-titre  In and out of grace. A découvrir sur la page deezer de la chanteuse, lien un peu plus bas sur l’article…

 

Si Milkymee est une excellente chanteuse de studio, c’est néanmoins en live qu’elle prend toute son ampleur : véritable interprète, elle fait partie de ces chanteuses qui savent mettre de l’âme dans des paroles qu’elle chante pour la trois millième fois. Ses discours un peu empruntés entre les chansons, où affleure un fonds de timidité, font pour beaucoup également dans la réaction des gens, toujours extrêmement positive. J’ai emmené plusieurs fois des gens à un concert de Milkymee, qui allaient voir une copine d’Yvain en concert. Ils en sont tous sortis étonnés et ravis, avec pour première phrase un commentaire sur sa voix et sa façon d’interpréter ses titres… Bref, si vous voyez une annonce pour un live, n’hésitez pas, vous en sortirez dans le même état.

 

 

musique, Domaine

Tsunami Addiction

 

Domaine est un (beau) film de Patrick Chiha, sorti en 2010, avec une Béatrice Dalle absolument bluffante et magnifique dans le rôle d’une mathématicienne de génie franchement borderline, et de sa relation avec un jeune homme complètement obnubilé par elle, quoique bien conscient de sa tendance à l’autodestruction…

 

C’est Milkymee qui a composé la bande originale du film. On y trouve quelques instrumentaux, deux monologues du film, deux chansons issues de To all the ladies chantées par un des acteurs, Raphaël Bouvet, et deux petites perles, Best Sunday dress et Sally, que Milkymee présente comme un road movie musical.

 

L’album est très court, mais la musique apporte un vrai plus au film, illuminant quelques très jolies scènes.

 

 

Pour préparer son troisième album, Milkymee a bénéficié d’une résidence de cinq mois à la Villa Kujoyama de Kyoto au Japon, ce qui lui a permis de rencontrer des artistes japonais et d’apporter de nouvelles couleurs à son imaginaire et sa façon de concevoir et d’enregistrer ses chansons. J’attendais avec impatience la sortie de ce troisième opus, espérant qu’il serait la porte d’entrée à une plus grande notoriété pour Milkymee. Déjà, je constatais courant 2011-2012 que les premières parties qu’elle faisait étaient de plus en plus sympathiques et susceptibles de lui apporter un public plus large : Aaron, Yael Naim, Arno, Elysian Fields, Emilie Simon Un récent passage à Taratata confirmait cette impression que quelque chose se passait doucement mais sûrement. Surtout, Milkymee la baroudeuse solitaire devenait un groupe, s’adjoignant les services de Caroline Geryl à la batterie et aux pads.

 

 Le premier concert dans la nouvelle formation, malgré des pépins techniques, fut une très belle surprise, et qui promet de belles choses dans l’adaptation des anciennes chansons… 

 

Verdict en octobre 2012, pour la sortie de l’album

 

musique, Borders

Tsunami Addiction

 

Dès la première chanson, qui donne son titre à l’album, le ton est donné. L’univers de Milkymee est bien là, ainsi que sa voix, son utilisation des chœurs, mais sa palette s’est enrichie de teintes électro qui collent résolument bien avec son univers.

 

Tout l’album est à l’avenant, un pied dans les précédents albums, tout en guitares folks teintées de rock plus puissant, un autre dans la recherche de nouvelles sonorités. L’utilisation de nombreux bruits naturels (pas dans la neige, oiseaux, chœurs de femmes…) ne tient pas du tout du gadget, et berce l’album de fort agréable façon.

 

Ma première pensée devant cet album une fois de plus aussi hétéroclite qu’homogène a été de constater son côté apaisé et lumineux. Même les chansons plus sombres tiennent une forme de lyrisme pas du tout poussif. On se voit bien l’écouter en marchant dans la rue, le volume à fond, la musique atténuant le rythme effréné de la ville.

 

Certaines chansons, telles que Before the truth, Good luck ou Colouring outside the lines sont absolument bluffantes. Quant à la dernière, Pearl’s dream, elle augure de pistes de reflexions musicales radicalement nouvelles pour la chanteuse, que je lui enjoins fortement d’explorer, tant cette première tentative est concluante.

 

Voici la page Deezer de Milkymee si vous souhaitez écoutez plus avant les différents albums (avant de foncer les acheter, of course…  http://www.deezer.com/fr/#/artist/206370

  

 

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Ton troisième album sort, renforçant l’impression d’évolution et de cheminement personnel dans ta façon de concevoir ta musique. Cela résulte-t-il d’un besoin de renouvellement constant ou d’une simple évolution naturelle ? 

 

Je me pose souvent des questions à ce sujet. Comment savoir d’où viennent vraiment l’inspiration et le foisonnement des sens qui l’accompagne?

Je constate bien que ma musique évolue avec moi, mais ce n’est pas vraiment réfléchi. Je crois en fait tout simplement que mon travail reflète différentes étapes de ma vie. Donc non, aucune réflexion particulière autour de cette évolution.

 

Tu as enregistré la BO du film Domaine, de Patrick Chiha. Comment s’est passé la collaboration ? Qu’est ce que cela t’a apporté dans l’écriture de tes propres chansons ?  

 

Cette collaboration s’est très bien déroulée. Nous avions notre petite cuisine, le réalisateur et moi. Je n’ai pas fait de travail de composition à l’image / d’habillage musical. En fait nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et nous avons beaucoup parlé du film, mais pas seulement. A l’époque j’habitais en Suède et je recevais des lettres et des colis de Patric comme autant de sources d’inspiration. J’y trouvais des listes de mots, des compilations de musique improbables, des conseils de lecture. Tout cela m’a nourrie pour composer la BO de son film. Je n’ai vu le résultat de l’assemblage de la musique et des images qu’à la première. J’ai alors compris qu’il avait vraiment eu raison de ne rien me montrer, que l’art et le hasard sont loin d’être contradictoires. La notion de hasard est uniquement liée aux capacités du cerveau humain à prévoir et comprendre un phénomène.

 

 

Parle-nous de ce nouvel album, Borders. Comment s’est passé sa conception et son enregistrement ?

 

J’ai commencé à composer et écrire Borders lors d’une résidence à la Villa Kujoyama, un programme de l’Institut Français. J’y ai séjourné plusieurs mois et je garde un souvenir très doux de cette période. C’est là bas que j ai commencé à introduire, dans ma musique des sons enregistrés dans la rue, des bruits et d’autres éléments qui rentraient en cohérence avec les propos de mes compositions. J’ai continué ce travail en rentrant en France. Le morceau Borders qui donne son nom à l’album est inspiré d’une vidéo de l’artiste Sigalit Landau, Barbed Hula : http://www.sigalitlandau.com/page/video/Barbed%20Hula.php

 

Ce travail m’a bouleversée. Elle dit : A border is mainly and first of all a word that can be used in all directions – painful and essential, beautiful or disastrous, sane or hysterical (…) Borders are our definitions ….while helpful in retrospect – in hunting : memory, frustration, trespassing, seduction, violence, beauty, politics and religion…. In a way – borders are the « skin » of places and also a (rough) skin to most ideas (Barbed Hula, Sigalit Landau)

 

Pour ce nouvel album, tu tournes avec une batteuse, et non plus seule. As-tu retravaillé ton répertoire pour le passage au duo ? Qu’est-ce que cela t’a permis ?

 

Je tourne en effet en duo. J’ai des pads une guitare et toujours ma voix (!) et ma batteuse est multi instrumentiste, fait des instruments à vents, du xylophone, des pads également… J’ai tout retravaillé, et ca donne beaucoup plus de densité aux propositions musicales sur scène. Passer d’une guitare acoustique et une voix à des synthés, des guitares, des chœurs et une batterie ça change tout. C’est aussi l’émotion qui est différente, car je la partage maintenant sur scène avec Caroline Geryl (batteuse ayant également travaillé avec Les Têtes raides, Jeanne Cheral, We are Knights).

 

Tu as pas mal voyagé (en Suède, où tu as vécu ; au Japon où tu as été reçue en résidence…). Sens-tu une influence directe de tes pérégrinations sur ta musique ou ta façon de la concevoir ? 

 

J’ai commencé à voyager très jeune. J’ai vécu 7 ans en Suède, puis juste après je suis partie plusieurs mois au Japon. Pour plusieurs raisons. Je m’ennuyais en France, j’avais envie d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Le voyage était une quête, mais il aussi une fuite… Bref j’ai mis pas mal de temps à comprendre que l’équilibre se trouve à l’intérieur et non à l’extérieur… C’est la première fois que je sors un album et que je me trouve sur le territoire français pour sa sortie ! C’est super. C’est à la fois très excitant et assez vertigineux comme sensation.

Oui, ces voyages m’ont influencée. Mais pas seulement les voyages. C’est la vie qui m’inspire, les gens, les lieux, les situations.. La musique repose sur l’effusion immédiate. S’émerveiller est un art que je peux trouver dans ma rue ou à 20 000 kilomètres. Le processus est le même.

Ma musique comme un  terrain d’entente avec le reste du monde.

 

Aussi, où que je sois, je crée pour :

Combattre le vide, le remplir, donner du sens, faire dépasser les couleurs des contours

Arrêter la fuite du temps, mettre en suspens la violence du monde

Sublimer le réel (Ce sera plus laid, PLUS)

 

Pourquoi « Borders » comme choix de titre?

 

J’ai vu un jour cette vidéo de Sigalit Landau susnommée. Je suis rentrée chez moi, j’ai écrit et composé Borders d’un trait. C’était une expérience très forte en termes d’inspiration. Il y a des fois comme ça ou les choses s’imposent à moi, comme si ce morceau existait déjà quelque part. C’était flippant et cool à la fois.  

 

Borders reprend les différents ingrédients de ta musique (folk acoustique, touches de rock, utilisation des chœurs…) tout en y ajoutant de nouvelles couleurs musicales (touches électro, entre autres), jusqu’à la dernière chanson Pearl’s dream, magnifique chanson complètement différente de ce que tu as fait jusqu’a présent. Celle ci annonce-t-elle une nouvelle direction que tu pourrais suivre à l’avenir?


C’est en effet le dernier morceau que j’ai composé, et aussi le dernier figurant sur l’album. Il annonce peut-être une nouvelle direction. L’avenir nous le dira ! Pour l’instant je vais faire tourner ce disque là et essayer de le promouvoir au mieux 🙂

 

Tu es éditée par Tsunami Addictions, un petit label qui lance peu de nouveaux artistes mais donne l’impression de les suivre véritablement et de les accompagner. Quelle est ta relation avec eux ?

 

Créé en 2001, Tsunami-Addiction est un bureau expérimental français qui développe des projets artistiques liés à la musique. Il représente et promeut des artistes issus de divers horizons tout en développant depuis 2009, un label aux musiciens iconoclastes Claude Violante, La Chatte, dDamage, Mensch, Haussmann, Hypo, moi même… C’est un label très excitant, une aventure humaine exceptionnelle derrière laquelle se cache Gloria Halle-Pedemonte, sa fondatrice.

 

As-tu des concerts prévus prochainement, où les lecteurs de ces lignes qui seraient tentés puissent venir te découvrir ?

 

Je fais un grand concert en compagnie de tous les artistes du label au Centre George Pompidou le 10 novembre. Je serais au Marché Gare, à Lyon le 8 décembre prochain. J’ai plus de dates à venir début 2013, à suivre sur mon site http://www.milkymee.com

 

Ce blog traite principalement de livres. Pour rester sur le sujet de départ, quels sont tes trois livres ou auteurs de chevet, et pourquoi ?

 

musique, Susan Sontag parce qu’elle est brillante, indépendante, forte et pour sa mèche blanche.

John Fante parce qu’il transforme les pâles expressions du quotidien en or.

Zola pour les Rougon Macquart qui m’ont permis de ne pas mourir d’ennui l’année de mes 13 ans.

 

 

Merci pour toutes ces réponses, Milkymee. Pour finir, la Caverne des idées te donne carte blanche pour nous parler de ce que tu veux : coup de cœur, coup de gueule… Le blog est à toi !

 

Chers amis. Même si le pouvoir est aux main de crapules hypocrites et si le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’immonde, eh ben, on va pas se laisser abattre, non mais.

 


http://www.milkymee.com

New album: BORDERS (out oct 29th 2012)

Record label http://www.tsunami-addiction.com
Booking
http://www.lestontonstourneurs.com/

 

 

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