Les Editions La Volte, Tribune des Haut-Parleurs

autour0Le Haut-Parleur, j’y insistais toujours, ne devait parler qu’en son propre nom, mais pour tous. Il devait parler pour contrer certes –contrer la connerie ambiante, nuire à la paresse –mais au-delà pour ouvrir et pour libérer- libérer la vie partout où elle était encagée, anesthésiée ou ternie.

Alain Damasio – Les Haut-Parleurs, in Aucun souvenir assez solide

 

Fondée en 2004, La Volte est une maison d’édition indépendante qui publie chaque année trois à cinq romans ou recueils de nouvelles d’auteurs français ou étrangers. Animée par une horde, sans cesse mouvante, d’amis et de passionnés – « les voltés » – La Volte crée des objets-livres originaux, mêle les expériences émotionnelles grâce à l’association d’ouvrages et de musiques, avec, toujours, une approche d’artisans. La ligne éditoriale croise les littératures de l’imaginaire, en particulier la science-fiction, et la littérature dite « blanche ». L’exigence d’écriture et d’imagination incite, en effet, des auteurs à créer des œuvres singulières, parfois inclassables, récits qui trouvent une place naturelle dans les parutions de La Volte.

La petite musique de la Volte – Présentation issue du site internet des Editeurs http://www.lavolte.net/

 

 

Certains articles sont plus durs à écrire que d’autres. A l’heure de rendre un hommage –aussi discret soit-il- aux éditions de la Volte, je me retrouve dans la position du type qui écrit puis efface chaque début de nouveau paragraphe comme s’il devait accoucher d’un nouveau Moby Dick. (Et encore, ce n’est rien en comparaison de l’ébauche d’article sans cesse différé que je souhaiterais écrire sur Terence Malick,  à croire que ci le texte n’est pas à la hauteur, mon réalisateur préféré mourra de combustion spontanée à la seconde même où je posterai l’article…)

 

C’est que la Volte est née pour changer ma vie, et que ce n’est pas rien, tout de même. Les livres, c’est un peu comme les gens : on en croise beaucoup, on en aime un certain nombre, mais les vraies rencontres –celles qui vous suivront au cours des ans et dont on sait dès le début qu’elles sont synonymes de changement dans votre existence- sont rares. Or, le premier livre publié par la Volte a sur bien des aspects changé ma vie, ma façon de lire et de penser ; j’ai nommé La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio. Mes amis seront témoins que j’ai tendance à être lourd sur les livres que j’aime, mais que la simple évocation de cet auteur ci les pousse carrément à fuir avant de se prendre en pleine face un de mes bourrasques d’enthousiasme proche de l’hystérie pure et simple.

 

Au-delà d’un texte et d’un auteur, 2004 a donc été l’année de ma découverte des éditions de la Volte, dont j’ai suivi attentivement le catalogue dès lors. Fondée par Mathias Echenay, sa naissance elle-même mérite l’anecdote, que je vais tenter de restituer sans ajouter trop d’erreurs.

 

Alain Damasio avait publié son premier roman, La zone du dehors, dans la maison d’édition en ligne Cylibris, dont Mathias Echenay était alors un des animateurs. Pendant l’écriture de La Horde du Contrevent, son deuxième roman, Mathias Echenay conseilla à l’auteur de se chercher une maison d’édition plus « visible », où son livre aurait l’opportunité de toucher un public plus large. Après un certain nombre de refus –ou d’accord de principes à des conditions grotesques telles que réécrire intégralement le roman avec un seul narrateur plutôt qu’en narration alternée (une hérésie quand on a lu le livre…), Mathias Echenay finit par trouver un éditeur emballé par le projet, mais qui décéda avant la fin de la phase d’écriture. Alain Damasio convainquit Mathias Echenay de créer la Volte, afin d’assurer la sortie du roman dans les meilleures conditions.

 

Le choix du nom est en lui-même tout un programme. Le roman La zone du dehors se déroule sur une planète dont le « bien-être » des habitants est assuré par un système de surveillance et d’abolition des individualités faisant passer 1984 pour un centre de vacances. Là se crée un groupe d’hommes et de femmes dissidents, qui tenteront de prouver qu’ « un autre monde est possible », la Volte. Volte comme Révolte, si l’on se débarrasse d’un Ré où seraient condensés tous les aspects négatifs de la rébellion : la haine, la rancœur, la capacité à reproduire lors de la lutte les erreurs de ceux que l’on combat.

 

Ainsi, en choisissant ce nom pour sa nouvelle maison d’édition, Mathias Echenay fit coup double : référence directe à l’auteur à l’origine de la Volte, et ligne éditoriale d’une maison exigeante, préférant publier peu mais des textes de qualité, ayant des choses à dire. La citation que j’ai mise en exergue en haut de l’article reprend bien l’idée que l’on peut se faire de la Volte en lisant ses livres « contrer la connerie ambiante, nuire à la paresse –mais au-delà pour ouvrir et pour libérer- libérer la vie partout où elle était encagée, anesthésiée ou ternie. »

 

Voici donc quelques uns des livres publiés par la Volte depuis sa création. La présentation sera sommaire, mais vous pouvez vous diriger vers tous les yeux fermés (ce qui, néanmoins, ne facilite pas la lecture).

imagesCA90B3VA.jpgLe tueur venu du centaure

Jacques Barbéri

218 pages

Un des textes se déroulant dans la cité-sphère de Narcose, tous publiés chez la Volte, mais qui peut se lire indépendamment. Un texte complètement fou, empruntant aussi bien aux codes du roman noir que de la SF pure, avec bonne dose d’humour en prime. Où comment un flic (qui s’exprime beaucoup en latin) va demander à une détective privée de partir à la recherche de sa moitié schizophrénique disparue, celle-ci étant probablement la partie « saine » de son individualité. Vous ajoutez une intelligence artificielle qui fait des siennes, un astronaute qui se met à zigouiller tout un chacun, des esclaves –les modz- a deux doigts de se rebeller, et six mille six cent soixante-six légions de six mille six cent soixante-six soldats qui attendent leur heure, et vous obtenez ce roman certes barré mais surtout incroyablement maîtrisé dont chaque page est un régal d’invention et de trouvaille.

imagesCA174FUZ.jpgNicolas Eymerich Inquisiteur

Valério Evangelisti

202 pages

Premier tome d’une série, et là pour le coup, il vaut mieux les lire dans l’ordre ! Dans ce premier opus, plusieurs histoires s’alternent : à notre époque, un jeune scientifique tente de faire valoir ses théories sur la science psytronique, capable selon lui de faire voyager un bâtiment entier dans le temps ; en 2194, le Malpertuis, vaisseau spatial psytronique, s’envole pour une mission top secrète mais s’égare dans le passé. Mais la trame principal du roman se déroule en 1352, où le père dominicain Nicolas Eymerich, tout frais nommé Grand Inquisiteur suite au décès de son supérieur, tente de s’imposer comme tel tout en luttant contre les forces du mal, les naissances plus que suspectes de bébés difformes et le culte de plus en plus suivi d’une ancienne divinité romaine. Comme vous pouvez vous en douter, les diverses époques vont se croiser pour mener à un final à la hauteur de l’attente crée par le roman.

 

imagesCAM48CS4.jpgLe Déchronologue

Stéphane Beauverger

390 pages

Attention chef-d’œuvre ! Dans un XVII° siècle perturbé par des failles temporelles, les pirates de la mer des Caraïbes traquent les maravillas, ces objets venus d’autres époques et qui s’échouent au large du Nouveau Monde.  Henri Villon, capitaine du Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps, cherche à prendre possession de nouveaux territoires pour la France, et éviter ainsi la trop forte concentration espagnole et portugaise dans les rivages entourant l’Ile de la Tortue. Autant dire que la mission ne sera pas chose simple…

Un énorme coup de cœur pour ce roman d’aventures maritimes au verbe plus que fleuri (j’ai grâce à lui amplement élargi mon répertoire d’insultes et d’expressions imagées), très bien écrit, aux personnages extrêmement bien dessinés, et à la structure à la fois complexe et très facile à suivre (le roman étant lui-même victime de failles temporelles, les chapitres sont dans le désordre, ce qui n’est pas du tout un problème à la lecture).

 

Tout aussi réussie, mais dans un genre radicalement différent, Stéphane Beauverger est l’auteur d’une trilogie intitulée « Chromozone », parue à la Volte. J’attends avec une grande impatience les prochains écrits de cet auteur qui, je l’espère, trouvera un public de plus en plus large et sera considéré pour ce qu’il est : une des meilleures plumes de l’imaginaire français actuel.

 

 

imagesCA8HV74F.jpgLa zone du dehors

Alain Damasio

493 pages

Bon, j’en ai déjà parlé plus haut, alors je vais tenter de faire bref. Outre l’écriture d’Alain Damasio, que je tiens pour le plus grand auteur et l’homme au style le plus époustouflant du monde (au cas où je n’aurais pas été assez relou jusque là), ce qui m’a le plus surpris dans ce roman, c’est à quel point il m’a parlé, moi qui suis trop perdu dans la fiction et les mots des autres pour avoir une quelconque conscience politique ou sociale. Et pourtant, ce roman de SF politco-philosophique m’a poussé à me poser des questions que je ne souhaitais pas me poser, et sur lesquelles je reviens fréquemment, tant dans mes lectures que dans mes conversations. Ca et le fait que je me suis mis à lire Deleuze et Foucault, ce qui n’est pas rien…

 

 

images125.jpgAucun souvenir assez solide

Alain Damasio

242 pages

Certains auteurs déforestent à tour de bras pour ch… des livres de 800 pages qui n’ont rien à dire. Damasio, lui, vous fout les nerfs en pelote, vous émeut l’encéphale et vous fait reconsidérer la définition même du mot « écrivain » avec une nouvelle de moins de vingt pages. Preuve en est avec ce recueil de nouvelles paru en 2012. Il suffit de lire Les Hauts-Parleurs, El Levir et le Livre, C@PTCH@ ou Une stupéfiante salve d’escarbilles de houille écarlate pour finir d’être convaincu. Si, si, j’vous jure ! J’ai dû lire El Levir dix fois, et je suis toujours sur le c… à chaque lecture.

 

imagesCA0ULBH8.jpgLa Horde du Contrevent

Alain Damasio

521 pages

Vous l’aurez compris, à la question insipide mais traditionnelle de l’île déserte et du bouquin à y emporter, je réponds La Horde. Dans un monde plat balayé par des vents d’une force incroyable, la Horde du Contrevent –un groupe d’élite composé de 22 personnages radicalement différents mais tous aussi bien dessinés les uns que les autres- remonte le monde à pied, vent dans la gueule, pour atteindre le mythique Extrème-Amont et y découvrir l’origine du vent. Le roman commence alors que la Horde est en route depuis plus de vingt ans, et à quelques années de route pour arriver là où nulle Horde n’est arrivée avant eux.

Roman d’aventure parfait, essai philosophique sur la notion de lien et de la place de l’individu dans le groupe, personnages qui grandissent en vous au fur et à mesure de la lecture et ne vous lâchent plus pendant des semaines et des mois, écriture parfaite qui néologise à tout va et vous fait ressentir physiquement le vent, c’est l’expérience de lecture la plus exceptionnelle qu’il m’ait été donné de vivre. Je l’ai offert plus de vingt fois, conseillé vingt fois plus en librairie, et j’ai dû avoir en retour un ou deux retours négatifs.  Je vous laisse calculer le ratio et conclure…

 

Il y aurait d’autres ouvrages dont il me faudrait parler : Pollen, de Jeff Noon ; Poisson-Chien, de Luarent Rivelaygue, Ame Sœur, de Yvan Améry, mais les ayant lus il y a plusieurs années pour certains, je vous avoue n’en avoir plus grand souvenir, si ce n’est un plaisir de lecture perdurant et une envie d’y revenir un jour. Ne voulant pas écrire de bêtises dans les résumés, je m’abstiens néanmoins d’en parler trop longuement, tout en vous encourageant à aller y jeter un œil !

 

 

Questions à Mathias Echenay, éditeur de la Volte

 

Pouvez-vous nous raconter la naissance de la Volte ? Quelle a été l’impulsion qui vous a poussé à tenter cette aventure ?

C’est vraiment Alain qui m’a poussé, parce que je travaille dans l’édition le jour, au service des éditeurs notamment. Du coup, l’histoire est véridique : nous avons créé une maison d’édition pour LA HORDE DU CONTREVENT. Ensuite, en tant que lecteur, je ne trouvais pas assez à me mettre sous la dent de littérature de l’imaginaire, du style Présence du futur des années 80/90’ (comme Jacques Barbéri).

 

Le choix du nom n’est pas anodin. Pourquoi cette référence directe à la Zone du Dehors ?

Nous avons eu une foule d’idées, et celui-ci paraît évident aujourd’hui, alors que nous n’étions vraiment pas sûrs du choix. La Volte, c’est un mouvement, ça sonne, et pour la référence vous venez d’en parler.

 

Comme dans la nouvelle d’Alain Damasio Les Hauts-Parleurs, La Volte considère-t-elle la littérature comme une arme de combat ?

Certains à la volte oui, d’autres moins, mais c’est une liberté, avec une forme de sistance.

 

De combien de personnes se constitue votre équipe ?

Pour chaque projet une petite horde se constitue, cela génère une énergie qui porte, et parfois je me sens seul. Il y a des piliers, et des ailiers, certains disparaissent de temps en temps, de nouveaux surgissent, il y a du brassage.

 

Qui sont les Voltés ?

Des lecteurs, arrivés par un livre, des gens qui veulent participer à l’aventure, parfois des curieux, des amis. En fait, vient qui veut, il suffit de trouver sa place en apportant quelque chose, certains attendent que nous leur donnions de taches à accomplir, cela les lasse parce que le foutoir leur  passe à côté ou au-dessus de la tête, et ils ne voient pas comment s’y insérer.

 

Comment choisissez-vous les textes que vous publiez ? De combien de titres se compose le catalogue ?

30 titres en 8/9 ans, cela correspond à mon goût. Et c’est une claque de lecture qui me décide, il n’y a pas de salarié ni de modèle économique, je ne veux pas que cela grandisse, du coup c’est une liberté de choix intégrale.

 

Quelles sont les difficultés rencontrées par une maison d’édition récente, soucieuse de publier des textes exigeants et de qualité, dans un contexte économique difficile ?

Il suffit de mettre de l’argent, et d’être salarié par ailleurs. Je respecte les éditeurs, la Volte n’a aucune leçon à donner, parce que nous avons mis des sous, et il nous est arrivé une fois déjà d’en remettre. Si ça pouvait être équilibré tout le temps, cela ne ressemblerait pas à un hobby ou une danseuse. C’est quand même plus sérieux qu’une simple activité de loisirs.

 

Les quelques textes présentés ci-dessus sont bien entendu des choix personnels du rédacteur de l’article. Si vous aviez à conseiller aux lecteurs de la Caverne deux ou trois textes édités par la Volte que vous affectionnez particulièrement, quels seraient-ils ?

C’est toujours injuste comme exercice, parlons de ceux que vous n’avez que cités : Jeff Noon est un auteur important, inclassable, avec une langue et un univers singuliers (conseil VURT pour le barré, ou NYMPHORMATION qui semble plus classique, mais tout est relatif). Il est évident que quand je me retourne sur notre parcours, je vois des auteurs qui frappent par leur rapport personnel et inventif avec le style, avec leurs références à Alice (presque tous) parce que leur recherche est souvent de nous emmener de l’autre côté du miroir. J’aime les chocs, quand ça rape, titille, surprend ! Nous sommes dans la transfiction davantage que dans la science-fiction.  David Calvo et Leo Henry peuvent comme les Damasio, Barberi ou Beauverger, ne pas plaire ou bien vous transformer, aucun de leurs textes ne peuvent laisser indifférent, vous detestez ou adorez.

 

Que nous réserve la Volte pour 2013 ?

Après les nouvelles de Leo Henry, un inédit de la série Nicolas Eymerich, puis un roman de Philippe Curval. Au 2eme semestre, un Jeff Noon, et du Eymerich. Les romans de Barbéri, Calvo et Beauverger suivent mais vraisemblablement en 2014.

 

 

Merci à vous pour ces réponses, et le temps que vous nous avez accordés. Très bonne continuation à la Volte !

 

 

imagesCABXPNR8.jpgLe Diable est au piano

Léo Henry

427 pages

J’avais déjà lu Yama Loka Terminus, dernières nouvelles de Yirminadingrad et Bara Yogoï, sept autres lieux de Léo Henry, y découvrant un excellent nouvelliste, genre littéraire honteusement sous-estimé.

Le Diable est au piano est un recueil de vingt nouvelles,  soit précédemment publiées dans des revues ou des anthologies, soit inédites, et réunies par Richard Comballot.

 

Si j’avais grandement apprécié les deux premiers recueils que j’avais lus, j’ai été tout à fait bluffé par celui-ci. Convoquant personnages réels et imaginaires ; fantastique, réalité historique et science-fiction, chaque texte est un petit bijou finement ciselé. L’écriture n’est pas du tout la même d’une nouvelle à l’autre, et pourtant on y retrouve la patte et l’imaginaire de son auteur.

Je ne peux qu’encourager tout le monde à se procurer ce recueil séance tenante, qu’on soit oui ou non amateur de nouvelles.

 

Voici un bref descriptif des nouvelles qui m’ont le plus enthousiasmé :

Dans Révélations du prince de Feu, on assiste à la rencontre entre Blaise Cendrars et Corto Maltese, ainsi que leur traque d’un serial killer dans Rio.

Dans Quand j’ai voulu ôter le masque, il collait à mon visage, on découvre l’étroite relation entre Fernando Pessoa et Edgar Allan Poe, par l’entremise du sorcier Aleister Crowley, et des origines du plus célèbre poème de Poe, The Raven. (Une des plus belles nouvelles de ce recueil, avec … )

Les trois livres qu’Absalon Nathan n’écrira jamais, où un vieil homme sur le point de mourir raconte les trois romans qui ont grandi en lui sans qu’il les écrive jamais.

Indiana Jones et la phalange du troisième secret, magnifique délire de 60 pages, voit la rencontre entre l’aventurier au fouet et Georges Orwell, dans l’Espagne de 1936.

Dans Fragments retrouvés dans une poubelle de salle de bain (…), on découvre un curieux groupe en thérapie, dont on découvrira lentement la phobie collective…

 

Je m’arrête là, car certaines nouvelles ne supporteront pas de résumés, aussi court soit-il. J’insiste une fois de plus pour vous pousser à vous procurer ce livre, à la magnifique et inquiétante couverture…

 

Très bonnes lectures à tous et toutes

 

Yvain

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *