La 5ème Vague

Rick Yancey – traduit de l’américain par Francine Deroyanrattrapage0

Ed. Robert Laffont – 608 pages

vague.jpg« Je me suis quasiment trompée sur tout depuis l’Arrivée. Je suis peut-être bel et bien la dernière humaine sur Terre. Je suis peut être même – non, je suis probablement – condamnée.

Si c’est le cas, si je suis le dernier spécimen de l’humanité, putain, je ne vais sûrement pas laisser l’histoire se terminer comme ça. OK, je suis peut-être la dernière femme vivante, mais je suis encore debout. Je suis celle qui fait face au tireur sans visage dans les bois, sur l’autoroute abandonnée. Je suis celle qui ne s’enfuit pas, qui ne se contente pas de rester là, mais qui affronte.

Parce que, si je suis la dernière, alors je suis l’Humanité.

Et si c’est notre ultime guerre, je suis son champs de bataille. »

Bon, vous avez deux romans à déguster avec les deux précédents billets, alors un peu de Jeunesse, et pas de Rentrée Littéraire, cette fois ci ! Ne soyez pas déçus, c’est bien aussi !

Une extermination, ça se prépare, ça s’organise, ça se planifie, surtout quand on veut tuer toutes les vermines. Bon, dans la 5ème Vague, les vermines, ce sont nous, les humains. Et l’extermination vient des aliens. Et oui, c’est trop old school, les gentils extraterrestres, pas de mignon petit E.T. qui pointe le doigt vers le ciel en disant « maison ». Leur nouveau foyer c’est la Terre et donc le mieux, pour s’installer tranquillement c’est de virer les anciens occupants. Pour bien faire, pas la peine de se précipiter, il faut savoir prendre le temps.

Le temps de :

La Première Vague: Extinction des feux.

La Deuxième Vague : Déferlante.

La Troisième Vague : Pandémie.

La Quatrième Vague : Silence.

Et on plonge avec délice dans la Cinquième Vague. Je dis délice, parce que j’ai dévoré ce roman, mais en fait, pour les humains rien de délicieux. Ils sont peu les survivants des premières Vagues, et la dernière est bien plus pernicieuse. Les aliens, Eux, les Autres, comme Cassie les appelle, nous ressemble, ils sont comme nous. Pas de petits bonhommes verts. Ils ont une tête, deux yeux, un nez, une bouche, et au bout de leurs bras, une arme bien humaine pour vous tuer comme n’importe quel autre humain peut le faire.

Bref, cette Vague, c’est celle où les survivants ont peur de l’autre, parce qu’ils sont comme les Autres. Aucun moyen de savoir. Alors, pour être sûr, autant tuer tout ce qui se rapproche. C’est le créneau de la nouvelle vie de Cassie. Tuer pour manger, rester seule, ne faire confiance à personne, faire confiance c’est mourir. Se cacher, et tuer encore et toujours pour ne pas être tuée.

Au milieu de sa survie, elle nous raconte les premières Vagues, après l’euphorie de la découverte de nouveaux « amis », il y a la révélation importante : ce ne sont PAS nos amis. Puis vient la maladie, et ensuite le silence de l’attente, le Silence de la Mort aussi qui rôde, qui guette, qui est prêt à se jeter sur vous sans crier gare. Le silence où se mêle la peur de tout. Chaque bruit peut venir d’un ennemi. Et pour Cassie, tout le monde est un possible ennemi, pour ce qu’elle en sait, elle est peut être la dernière humaine sur Terre… Et elle ne va pas renoncer à se battre jusqu’au bout.

Les héros dans ce roman sont multiples, Cassie, le Silencieux, Evan Walker, Sammy, Ben Parish, Zombie (si vous êtes gavés par les zombies, et c’est bien possible si vous avez vu World War Z !, pas d’inquiétude, ce n’est qu’un surnom), leurs facettes sont plusieurs aussi, gentils, méchants, entre les deux, et surtout, on ne sait pas trop de quel côté ils sont. On ne sait même pas toujours ce qu’ils sont, humains, aliens…

On se retouve au milieu d’eux, happé par une lecture qui ne cache pas les morts, on est dedans, on peut presque sentir la poudre du flingue qui vient de tirer, le sang qui coule, la violence de la survie. Oui, survivre ça fait mal. Il faut avancer, en pleurant sur ceux qui sont partis, mais pas trop longtemps, le tireur embusqué n’attend pas. Au milieu de cette violence si peu contenue, Rick Yancey arrive même à nous faire sourire, car oui, Cassie est drôle malgré tout, sans doute ce qui la rend encore plus humaine, dans cet océan d’aliens !

Une lecture intense, rythmée par les différents narrateurs, une fuite en avant vers la Survie, l’Espoir. Impossible de le lâcher, on tourne les pages sans même s’en rendre compte, une écriture fluide, sans prise de tête, juste addictive par ses mots simples dans une situation complexe.

Bref, ça fait du bien de lire un roman Jeunesse qui ne soit pas dystopique ou sur les vampires/anges/loups garous etc, les Extraterrestres, sans doute la nouvelle tendance, mais qui surprend enfin.  Un roman original qui surnage parmi les romances du même genre qui trainent sur les tables de nouveautés Jeunes adultes. Ici, on ne se pose pas de questions existentielles, une lecture plaisir entrainante !

C’est le premier d’une trilogie, mais on peut aussi s’arrêter là. Il aurait pu se suffir à lui même, pas de cliffhanger de fou, où on se jette sur l’ordi pour savoir quand va sortir la suite. Si vous voulez quand même le savoir, la suite sortira en 2014, parce que, voilà, quand c’est bon, on se ressert bien une deuxième fois !

Pas de grand suspense, en disant que les droits ont été rachetés, mais comme quasiment tous les romans jeunesse avec un peu d’action, il n’y a plus qu’à attendre les premières images pour se réjouir d’une mise à l’Ecran.

Pour qui ?

Pour les lecteurs d’Hunger games mais qui veulent changer du roman dystopique.

Pour tous ceux qui pensent que les aliens existent. Pour ceux qui doutent de l’existence des aliens.

Pour les amateurs d’émotions fortes.

Bonnes lectures à tous !

Sonia

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