John Green

Un millier d’années sans poster un article, (à peine exagéré ! ) comme si je n’avais lu aucun roman digne de ce nom ! Faux, c’est juste la flemme, le pouvoir de toujours tout remettre à demain, à l’infini… Et là je reviens avec/pour la sortie de Nos étoiles contraires au cinéma, avec à peine du retard, mais il est encore à l’affiche 🙂 Facile vous allez me dire. Et vous aurez un peu raison, mais pas tout à fait. Car oui je vais parler de ce roman extraordinaire mais pas seulement.

qui-es-tu-alaska--1

Peut être qu’avant cet été vous ne connaissiez pas John Green, mais il n’est pas novice dans la littérature Jeunesse. Nos étoiles contraires n’est pas son premier roman. Avant il y a eu Qui es tu Alaska ? Le formidable, le génial Qui es tu Alaska ? devrais je dire.
Dans ce premier roman, Miles, gentil looser, décide de partir dans un pensionnat. en « quête d’un Grand Peut-Etre« , comme l’aurait dit Rabelais sur son lit de mort. Oui, car Miles, son truc, ce sont les citations avant de mourir. Et ici,  dans ce nouveau lycée, il va découvrir toutes les premières fois de l’adolescence. En grande partie grâce à Alaska. cette jolie fille atypique va lui montrer une autre facette de la vie. Tout ado a envie d’avoir une Alaska dans sa vie, vraiment. Et si comme moi vous ne l’avez pas eue, alors lisez ce livre pour la rencontrer !! Elle n’a pas que des qualités, non, mais elle ouvre des voies. Elle est transgression et réconfort à la fois. Sans elle « comment sortir de ce labyrinthe ? » Quand vous l’aurez lu, vous comprendrez peut être cette phrase de Simon Bolivar… Et bonne nouvelle, les droits auraient été achetés pour une adaptation cinématographique. Oui, comme beaucoup, je sais, mais gageons que grâce au succès actuel de Nos étoiles contraires, ça verra le jour !

margo1

Après Qui es tu Alaska ?, La face cachée de Margo est sorti en France. Margo aurait pu être la soeur d’Alaska. Même folie, même envie de transgression, même mal de vivre aussi. Quentin après une nuit folle passée auprès de Margo dans un élan de vengeance se surprend à espérer. Finalement, il se pourrait que le garçon gauche ait une chance avec la si populaire Margo ? Mais Margo disparait. Elle a semé des indices. Quentin saura t il la retrouver ? Quentin aurait aussi pu être le frère de Miles. Les mêmes thèmes, des personnages qui se ressemblent, on pourrait croire que c’est le même livre, mais non. Car beaucoup d’ados se ressemblent, ils peuvent vivre la même chose, et pourtant le ressenti n’est jamais le même. Une relation d’amitié forte, un final que j’ai adoré, des personnages hauts en couleur qu’on aurait aimé connaitre  ! Une adaptation devrait aussi voir le jour, avec le mannequin Cara Delevingne pour interpréter Margo. Elle me parait parfaite pour ce rôle ! Wait & see…

Will-Will-Green-Levithan-éditions-Scripto

John Green a également cosigné le roman Will & Will avec David Levithan. David Levithan n’a pas beaucoup publié en France. J’avais lu un autre livre de lui, également écrit à quatre mains, Une nuit à New York. Petit trip newyorkais sympathique, mais avec Will & Will, on passe à un autre niveau. Chaque chapitre concerne Will Grayson, mais alternativement, ce n’est pas le même Will. Et comble de hasard, ces deux Will Grayson vont se rencontrer. Je ne sais pas comment ils ont travaillé réellement, mais j’ai ressenti l’écriture de chacun au fil de ces chapitres. On retrouve le style de John Green dans le premier Will Grayson : il ne veut pas se faire remarquer, il évite toute relation avec filles ou garçons, mais son amitié est sans faille. L’autre Will Grayson est dépressif, son seul réconfort : son petit ami virtuel. Mais dans le virtuel, rien ne se passe jamais comme on voudrait. Je dois dire que les premiers chapitres concernant ce Will ont été difficiles, le style étant pour le moins original. Et puis, rapidement, à mesure que l’on apprend à le connaitre, on comprend exactement pourquoi ce style. Ce style est ce Will Grayson et donc Bravo à David Levithan pour ce Will !
Magnifique roman sur la différence mais aussi sur la volonté de se fondre dans la masse. Vrai problématique adolescent et traité, j’ose le mot, avec brio !

etoiles

En 2013 sort Nos etoiles contraires. Je n’avais pas encore lu les autres romans que je viens de citer, ils étaient bien gentiment en attente dans ma bibliothèque. J’avais lu Le théorème de Katherine, le deuxième roman de John Green, mais le quatrième paru en France. Je ne préfère pas m’apesantir là dessus, je ne veux dire que du bien dans ce billet ! Donc, je n’attendais rien de ce  nouveau livre, mais j’avais très envie de le lire. Et je l’ai dévoré ! bien qu’ à la fin, j’ai été vraiment triste d’en avoir fini avec Hazel et Gus. C’est pour ça que quand j’ai appris pour l’adaptation, j’étais ravie, avec une légère apréhension…
Ce roman était tellement fort. Des émotions si fortes, si intenses. Et pour un roman dont l’un des personnages principaux est le Cancer, ce roman est loin d’être alarmiste, ou pleurnichard. Attention, je ne vais pas dire que je n’ai pas versé une petite larme, hein, pas de mensonge avec moi ! Mais ce roman est optimiste ! Oui, vous lisez bien OPTIMISTE !
Si vous vous dites, c’est bon, j’ai vu le film ! Alors, là, je vous crie, oui, il faut au moins ça : NON ! Ne ratez pas le roman !! Si vous ne le lisez pas, vous ne saurez pas tout de Gus. En le lisant,  vous verrez encore plus finement l’humour de Gus, et aussi ses fêlures avec Caroline, personnage absent du roman mais qui a une vraie importance pour comprendre l’amour qu’il porte à Hazel. Vous ne saurez pas pourquoi la balançoire a disparu dans la cour d’Hazel à la fin du film si vous n’ouvrez pas ce livre !

Ce film est beau, c’est une magnifique histoire d’amour. Mais le livre est tellement plus que ça : le Cancer est présent sur les écrans, mais il est palpable dans le roman. Il y a les trucs affreux sur la maladie mais aussi les bons côtés qu’on essaie de trouver dans la maladie. Il y a l’hôpital, les infirmières… Et même si je le répète il y a l’optimisme. Et je ne vous ai parlé que de ce qu’on rate dans le film. Pas la peine de parler de Gus, Hazel, des parents merveilleux, de Peter Van Houten, ils sont parfaits à l’écran.

Voilà. Vous l’aurez compris, j’aime John Green. Il sait retranscrire exactement les émotions, les sentiments, les contradictions de chaque adolescent.
J’ai trouvé cette citation sur le net, je ne sais pas d’où elle vient exactement mais je vous la restitue :
« J’adore l’intensité que les adolescents mettent, non seulement dans leur premier amour, mais aussi dans leurs premiers chagrins, la première fois qu’ils affrontent la question de la souffrance et du sens de la vie. Les adolescents ont le sentiment que la façon dont on va répondre à ces questions va importer. Les adultes aussi, mais ils ne font plus l’expérience quotidienne de cette importance » C’est fou, John Green met toujours les mots justes sur chaque émotion. Même quand il parle de ses romans, il retranscrit exactement ce que je pense.
Cette émotion, cette intensité dans les sentiments adolescents sont vrais. Vous aurez envie de rencontrer Alaska, vivre une virée comme Quentin, avoir le même copain que Will Grayson (le génial Tiny Cooper), vivre une histoire aussi forte que celle de Gus et Hazel.
A chaque roman fini, on se dit une seule chose : ENCORE !

 

L’avis d’Yvain

Lorsque Nos étoiles contraires est sorti en livre, dans un relatif anonymat, mon collègue B. l’avait lu, me l’avait chaudement recommandé… et je suis allègrement passé à côté.

Deux choses m’y ont fait venir avec plus d’un an de décalage. Premièrement, les ados de ma librairie. Je fais toujours attention quand mes clients me recommandent un livre. Je ne tilte pas forcément quand un premier le mentionne, je le note au fond de mon crane à la deuxième occurrence, je me promets de le lire au troisième, et suivant le livre et les clients, je le lis entre le quatrième et le dixième retour positif… Ca m’a permis de découvrir de jolies perles: Tout ce que j’aimais, de Siri Husvedt, Corps et ame, de Franck Conroy, ou plus récemment les polars de Jussi Adler-Olsen. Là, ça m’a tilté quand j’ai vu de façon de plus en plus régulière des ados (filles ET garçons qui plus est) traîner un(e) de leur ami(e)s dans le rayon jeunesse, leur coller le John Green dans les mains, en variant les commentaires sur le credo « Tu te tais, tu l’achètes, tu le lis et on en reparle après ». J’ai commencé à être vraiment intrigué, vu le manque d’enthousiasme de cette frange de ma clientèle pour la lecture dans la ville où j’officie.

Deuxièmement, Le monde de Charlie, de Stephen Chbosky. Un autre roman jeunesse fort joliment adapté en film, dont la vision m’a poussé à lire le livre (prêté par ma libraire jeunesse préférée, alias Sonia ma cobloggueuse.). Petit moment de grâce que ce joli roman grave et apaisé à la fois, où un outcast introverti découvre les joies de l’amitié au sein d’une bande de gentils freaks au grand coeur. Simple, parfois sombre, souvent émouvant et sans pathos aucun, une gentille petite claque qui fait du bien. Plaisir des livres « jeunesse » dont on a le plaisir de constater qu’ils vous font grandir malgré un âge pseudo-avancé. Ne sachant pas trop quoi lire à ce moment là, je me suis dit que le roman des jeunes cancereux si intriguant pouvait être une bonne idée. Grand bien m’en pris…

Difficile de conseiller ce livre à des parents tant le mot « cancer » occulte tout le reste d’un argumentaire à leurs oreilles effarées! Oui, c’est l’histoire de deux ados malades (dont un en rémission, certes) et oui, le cancer est un personnage à part entière. Mais non, ce n’est pas le cœur du livre. Le cœur du livre, c’est la justesse avec laquelle John Green retranscrit l’éclosion d’un premier amour entre deux gamins trop vite grandi, dont le mordant et le sens de l’humour n’a d’égal que l’envie démesurée d’être et de vivre. Pas de pathos dans ces pages ci, mais des répliques cultes à foison, et des scènes, des attentions entre Hazel et Gus qui vous font fondre tout plein comme une glace sous le soleil.

Le film est… mignon, peut-être trop. Il ne retranscrit pas assez l’humour des deux personnages et quelques magnifiques moments sont escamotés pour le public adolescent (dont une scène de lit particulièrement jolie et drôle dans le livre qui reprend juste les codes visuels de n’importe quel scène de ce type dans le film). Le livre reste bien au dessus, et est à conseiller à n’importe quel ado ou adulte qui ait un peu de coeur.

 

POUR QUI ?

Si vous aimez la littérature Jeunesse, ne ratez aucun de ces livres.

Si vous ne lisez pas de Jeunesse, faites une exception, vous ne serez pas déçu !

Si vous avez aimé Dieu me déteste de Hollis Seamon (dont je vous parlerai bientôt !), vous aimerez Nos Etoiles Contraires et aurez envie de vous jeter, à raison, sur les autres !

Bonnes lectures à tous !

Sonia

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *