Conséquences

nouvautes0Darren Williams – Traduit de l’anglais (Australie) par Fabrice Pointeau

Editions Sonatine – 392 pages

 

polar, romans étrangers

Flynn examina la montre, ses lèvres bougeant tandis qu’il se débattait avec les concepts de nombres, de cercles, de petite et grande aiguille. Tom ôta de sa paume les échardes qui commençaient à le démanger. Ils auraient désormais dû voir la ville, songeait-il, puisque quinze minutes semblaient s’être écoulées depuis qu’ils étaient sur cette route. Mais ça faisait un bon moment qu’ils n’avaient ni vu ni entendu de voitures, et la route commençait à être de moins en moins uniforme et de plus en plus cabossée. Il sentit la panique monter, mais la refoula.

 

 

 

1969. Angel Rock est une petite ville du sud de l’Australie, écrasée de chaleur et de misère. Tom et son petit frère Flynn disparaissent mystérieusement dans le bush. Plus d’une semaine s’écoulera avant que le premier ne soit retrouvé, incapable de dire ce qui est arrivé à Flynn.

Quelques semaines plus tard, à Sydney, un policier, Gibson, refuse de laisser passer une affaire somme toute banale : une jeune fugueuse s’est suicidée. Il décide, à l’encontre de sa hiérarchie, d’aller enquêter du côté de sa ville natale, Angel Rock, sans se douter que c’est son propre passé qu’il s’apprête à affronter.

 

Que dire du petit dernier de chez Sonatine, si ce n’est qu’il faut une fois de plus remercier l’éditeur de savoir dénicher des petites perles d’un peu partout ?

 

Thriller psychologique dense et âpre, Conséquences fait partie de ces romans où il ne faut pas grand-chose pour être transporté ailleurs. En quelques pages, on crame sous le soleil australien, on a des copeaux de bois des scieries en perdition qui se collent à nos fringues, on est mal à l’aise devant une adolescence qui se perd sans grande possibilité d’entrevoir un avenir. Sans jamais verser dans le redneck ni la parodie de Délivrance, on est dans ces terres sauvages où on sait d’office qu’il ne fait pas bon regarder quelqu’un de travers, et où les petites communautés sont plus des pièges que des havres de tranquillité.

 

De par son écriture, ses ambiances, sa description d’une petite ville où le passé refait des siennes aujourd’hui encore, ce roman m’a fait penser à un autre roman publié chez Sonatine, qui est pourtant à des années-lumières de celui-ci en terme d’intrigue ou de pays à visiter : le très beau En mémoire de la forêt, de Charles T. Powers.

 

Le personnage de Gibson, le flic sombre qui s’entête à vouloir expliquer l’inexplicable (pourquoi une toute jeune fille décide-t-elle de mettre fin à ses jours ?) est une merveilleuse création littéraire, et l’auteur a eu l’excellente idée de lui allouer un pendant sobre, doux et presque solaire dans le personnage de Pop Mather, le flic d’Angel Rock qui donnera à Gibson le mode d’emploi des gens du coin tout en l’aidant à s’affronter lui-même.

 

La façon dont les divers niveaux d’enquêtes et de mystères (disparition de Flynn, suicide de Darcy, passés avec lesquels composer pour divers personnages) se mélangent est ingénieuse et très réussie, on attend avec impatience une prochaine traduction de cet auteur.

 

Bref, un polar aux intrigues riches et complexes, des personnages bien ficelés, une ambiance à couper au couteau, et un versant de l’Australie loin des images d’Epinal. Que demande le peuple en terme de bon roman ?

 

Pour qui ?

Pour les amateurs de polars bien ficelés et aux diverses enquêtes qui s’entremêlent.

Pour  les amoureux et les intrigués de l’Australie et de son bush

Pour ceux qui apprécient de pouvoir modérément respirer pendant la lecture d’un thriller, tant l’ambiance et le suspense sont au cordeau.

 

polar,romans étrangers

Ce roman rentre dans le cadre du challenge « Le tour du monde en 8 ans »

Pays : L’Australie.

 

 

 

 

Bonnes lectures à tous

 

Yvain

 

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