Du Rouge au Noir, Polars & Vins – Lunel – mars 2016

Delphine,

Je retourne dans notre Caverne pour te dire.
Te dire les livres, comme toujours mais surtout toi, la passeuse, la libraire, l’organisatrice, la fédératrice.
Te dire l’admiration que j’ai de ton travail, te dire combien tes efforts et ces milliers d’heures de travail ont éclaté au grand jour et donné tant de chaleur et de bonheur, de partage et de rencontres.
Te dire ton hallucinante organisation, ton travail encore, mais aussi ta passion et ton sens du don et du partage qui t’a fait se côtoyer auteurs et vignerons, amis et inconnus, lecteurs et auteurs.
Dire à tous que la librairie qui bouge et qui compte c’est aussi à Lunel, la Librairie AB, la tienne.
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vitrine librairie AB du rouge au noir
Dire au monde comment tu as su fédérer et faire venir tout ce monde, combien ton travail est précieux pour le livre et la vie culturelle de ta région.
Dire le plaisir de retrouver Grégory à l’aller au wagon-bar du TGV et d’anticiper ensemble les heures à venir, celui d’y partager au retour avec Gilles et Éric nos déjà souvenirs de ces 48h.
Le premier sourire de ton Julien à la gare, sa gentillesse et son incroyable disponibilité, notre super chauffeur à la disponibilité infinie, qui te dit, toujours avec le sourire, après le 47e voyage de la journée que non, vraiment ça ne le dérange pas. Te dit aussi que vous avez loué une voiture, juste pour cela. Un des milliers de petits détails que vous avez imaginé pour que nous soyons heureux.
Puis te dire notre arrivée sur la si jolie place Fruiterie devant ta si jolie librairie, la musique et les sourires, ceux des amis que l’on retrouve, ceux qui ne le sont pas encore, mais avec qui la connivence sera évidente au fil de ces 48h et le bonheur de te retrouver, radieuse.
Te dire le bonheur de faire la libraire pour toi, de vendre tes livres et de conseiller les centaines de gens, tous différents qui regardaient les yeux plein d’étoiles les belles tables que tu leur avais préparées. Te dire le formidable assortiment de polars que tu avais fait, le plaisir de découvrir comme des gosses samedi matin avec David, oh t’as vu il y a celui-ci, et celui-là, et encore, et encore, le plaisir de les conseiller, le plaisir de les vendre. Te dire le plaisir que nous avons eu à partager cela, nos fous rires, nos sourires de connivence et nos petits triomphes, nos échanges sur les livres, et repartir avec le conseil de l’autre dans sa valise.
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Rencontrer Sabine, Brigitte et Zohra et travailler avec elles, avec bonheur, et avec tous les autres, ces bénévoles si heureux d’être là juste pour toi, si attentifs à donner leur meilleur car tu leur as communiqué ta passion.
Rencontrer l’infatigable et adorable Dodo, ta maman, qui a une fille à son image.
Rencontrer Brigitte et Philippe, nos adorables hôtes qui nous ont ouvert leur maison et si gentiment accueillis.
Savoir qu’on va les revoir.
Rencontrer les auteurs et les vignerons.
Parler, découvrir, rire.
Te dire les repas et les verres partagés.
Te dire ces rencontres auxquelles je n’ai pas assisté mais que je savais passionnantes au vu des lecteurs qui se pressaient ensuite pour parler aux auteurs et acheter leurs livres, des retours que j’en ai eu. Bravo aux deux intervenants, Encore du Noir Yann et Jérôme Dejean.
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Te dire cette déco magnifique, rouge et noire, jusque dans les moindres détails. Je n’ai jamais vu ça, nulle part dans aucun salon.
Te dire la musique.
Se rappeler longtemps.
Revenir l’an prochain pour la seconde édition de Du Rouge au Noir. Revenir aussi souvent que je le pourrai.

Te dire mon admiration et mon amitié.
Te dire combien je suis heureuse de tout cela. Heureuse d’avancer avec toi, de travailler avec toi. Heureuse de la suite.
Te dire Bravo et merci.
Te dire à très vite.
T’embrasser très fort.
Valérie

Une rencontre au Divan : Victor del Arbol

vagues de l'océan« Javier regarda son père avec tristesse. On ne pouvait maintenir la marmite fermée en s’asseyant éternellement sur le couvercle. Le silence et les mensonges n’étaient supportables que jusqu’à un certain point. Javier n’était pas un surplus dans la vie des autres, et il ne voulait pas subir la même chose que ses parents, il n’avait pas l’intention de payer les servitudes de ce silence jusqu’à la fin de ses jours, attendant que quelqu’un vienne toucher les fruits de ce service. »

J’ai adoré ce livre. Il mêle grande et petite histoire avec brio, à travers des personnages qui ont une trempe indéniable, et prennent vie au fil des pages.

Rencontrer l’auteur fut un beau moment de partage, c’est un homme passionné et généreux. De ses personnages, il dit les écouter et n’écrire que lorsqu’il les croit.

Gonzalo Gil, le personnage principal de ce troisième livre traduit en France, avocat qui ne réussit pas trop, est écrasé par deux figures paternelles et le poids de son histoire familiale: D’une part son père, héros communiste qui a connu la déportation dans un goulag en Urss en allant servir la révolution stalinienne, puis a été agent de l’URSS en Espagne, qui est mort dans des circonstances troubles et dont le passé connait de nombreuses zones d’ombre et de secrets et de l’autre, son beau-père, avocat prospère et corrompu, dont le cabinet est situé dans le même immeuble et dont le cœur et les intérêts penchent du côté des franquistes.
Au début du roman, Gonzalo apprend le suicide de sa sœur, qu’il ne voyait plus depuis quelques années, accusée d’avoir tué le mafieux russe qui avait assassiné son fils.
Voilà, c’est juste le point de départ car pour comprendre ce suicide, il va découvrir l’histoire de sa sœur et de ses parents, tous ces blancs laissés dans l’histoire de la famille  et à travers eux, il nous raconte l’histoire de l’Espagne et de l’Europe de 1933 à 2002.

Victor Del Arbol dédicace son livre ainsi : A mon père et à nos murs de silence.

Nous avons beaucoup parlé de ces silences.

Les silences qui s’installent entre les générations, le fils se construisant en opposition au père.

Les silences face à l’Histoire aussi : né en 1968, Victor dit faire partie de la génération du silence, celles des enfants des franquistes, des anarchistes et des communistes, qui se taisent sous peine de rouvrir les conflits anciens. Cette fracture est encore très présente dans la société espagnole d’aujourd’hui et renaît régulièrement. Ce n’est pas un hasard si la littérature contemporaine hispanique s’empare régulièrement de ce thème, d’Antonio Muñoz Molina à Jaume Cabré, – auteur pour lequel nous avons la même admiration – : Ils font partie de la génération post-Franco.

Culpabilité, poids de l’hérédité familiale, et collective, tous ces thèmes traversent ce roman noir, cette fresque du XXe siècle, et l’intrigue de départ – qui a tué le mafieux russe et pourquoi sa sœur s’est-elle suicidée – se révèle finalement accessoire, mais rassurez-vous, nous finirons par le savoir.

Entremêlant avec une grande maîtrise au fil des chapitres les récits du père et du fils, l’auteur tisse sa toile pour notre plus grand plaisir et éclaire le monde de sa plume.

Un très bon livre, important, universel et intelligent.

Merci Victor de ta venue au Divan, c’était une très belle rencontre. A la prochaine.

Valérie

John Green

Un millier d’années sans poster un article, (à peine exagéré ! ) comme si je n’avais lu aucun roman digne de ce nom ! Faux, c’est juste la flemme, le pouvoir de toujours tout remettre à demain, à l’infini… Et là je reviens avec/pour la sortie de Nos étoiles contraires au cinéma, avec à peine du retard, mais il est encore à l’affiche 🙂 Facile vous allez me dire. Et vous aurez un peu raison, mais pas tout à fait. Car oui je vais parler de ce roman extraordinaire mais pas seulement.

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Peut être qu’avant cet été vous ne connaissiez pas John Green, mais il n’est pas novice dans la littérature Jeunesse. Nos étoiles contraires n’est pas son premier roman. Avant il y a eu Qui es tu Alaska ? Le formidable, le génial Qui es tu Alaska ? devrais je dire.
Dans ce premier roman, Miles, gentil looser, décide de partir dans un pensionnat. en « quête d’un Grand Peut-Etre« , comme l’aurait dit Rabelais sur son lit de mort. Oui, car Miles, son truc, ce sont les citations avant de mourir. Et ici,  dans ce nouveau lycée, il va découvrir toutes les premières fois de l’adolescence. En grande partie grâce à Alaska. cette jolie fille atypique va lui montrer une autre facette de la vie. Tout ado a envie d’avoir une Alaska dans sa vie, vraiment. Et si comme moi vous ne l’avez pas eue, alors lisez ce livre pour la rencontrer !! Elle n’a pas que des qualités, non, mais elle ouvre des voies. Elle est transgression et réconfort à la fois. Sans elle « comment sortir de ce labyrinthe ? » Quand vous l’aurez lu, vous comprendrez peut être cette phrase de Simon Bolivar… Et bonne nouvelle, les droits auraient été achetés pour une adaptation cinématographique. Oui, comme beaucoup, je sais, mais gageons que grâce au succès actuel de Nos étoiles contraires, ça verra le jour !

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Après Qui es tu Alaska ?, La face cachée de Margo est sorti en France. Margo aurait pu être la soeur d’Alaska. Même folie, même envie de transgression, même mal de vivre aussi. Quentin après une nuit folle passée auprès de Margo dans un élan de vengeance se surprend à espérer. Finalement, il se pourrait que le garçon gauche ait une chance avec la si populaire Margo ? Mais Margo disparait. Elle a semé des indices. Quentin saura t il la retrouver ? Quentin aurait aussi pu être le frère de Miles. Les mêmes thèmes, des personnages qui se ressemblent, on pourrait croire que c’est le même livre, mais non. Car beaucoup d’ados se ressemblent, ils peuvent vivre la même chose, et pourtant le ressenti n’est jamais le même. Une relation d’amitié forte, un final que j’ai adoré, des personnages hauts en couleur qu’on aurait aimé connaitre  ! Une adaptation devrait aussi voir le jour, avec le mannequin Cara Delevingne pour interpréter Margo. Elle me parait parfaite pour ce rôle ! Wait & see…

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John Green a également cosigné le roman Will & Will avec David Levithan. David Levithan n’a pas beaucoup publié en France. J’avais lu un autre livre de lui, également écrit à quatre mains, Une nuit à New York. Petit trip newyorkais sympathique, mais avec Will & Will, on passe à un autre niveau. Chaque chapitre concerne Will Grayson, mais alternativement, ce n’est pas le même Will. Et comble de hasard, ces deux Will Grayson vont se rencontrer. Je ne sais pas comment ils ont travaillé réellement, mais j’ai ressenti l’écriture de chacun au fil de ces chapitres. On retrouve le style de John Green dans le premier Will Grayson : il ne veut pas se faire remarquer, il évite toute relation avec filles ou garçons, mais son amitié est sans faille. L’autre Will Grayson est dépressif, son seul réconfort : son petit ami virtuel. Mais dans le virtuel, rien ne se passe jamais comme on voudrait. Je dois dire que les premiers chapitres concernant ce Will ont été difficiles, le style étant pour le moins original. Et puis, rapidement, à mesure que l’on apprend à le connaitre, on comprend exactement pourquoi ce style. Ce style est ce Will Grayson et donc Bravo à David Levithan pour ce Will !
Magnifique roman sur la différence mais aussi sur la volonté de se fondre dans la masse. Vrai problématique adolescent et traité, j’ose le mot, avec brio !

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En 2013 sort Nos etoiles contraires. Je n’avais pas encore lu les autres romans que je viens de citer, ils étaient bien gentiment en attente dans ma bibliothèque. J’avais lu Le théorème de Katherine, le deuxième roman de John Green, mais le quatrième paru en France. Je ne préfère pas m’apesantir là dessus, je ne veux dire que du bien dans ce billet ! Donc, je n’attendais rien de ce  nouveau livre, mais j’avais très envie de le lire. Et je l’ai dévoré ! bien qu’ à la fin, j’ai été vraiment triste d’en avoir fini avec Hazel et Gus. C’est pour ça que quand j’ai appris pour l’adaptation, j’étais ravie, avec une légère apréhension…
Ce roman était tellement fort. Des émotions si fortes, si intenses. Et pour un roman dont l’un des personnages principaux est le Cancer, ce roman est loin d’être alarmiste, ou pleurnichard. Attention, je ne vais pas dire que je n’ai pas versé une petite larme, hein, pas de mensonge avec moi ! Mais ce roman est optimiste ! Oui, vous lisez bien OPTIMISTE !
Si vous vous dites, c’est bon, j’ai vu le film ! Alors, là, je vous crie, oui, il faut au moins ça : NON ! Ne ratez pas le roman !! Si vous ne le lisez pas, vous ne saurez pas tout de Gus. En le lisant,  vous verrez encore plus finement l’humour de Gus, et aussi ses fêlures avec Caroline, personnage absent du roman mais qui a une vraie importance pour comprendre l’amour qu’il porte à Hazel. Vous ne saurez pas pourquoi la balançoire a disparu dans la cour d’Hazel à la fin du film si vous n’ouvrez pas ce livre !

Ce film est beau, c’est une magnifique histoire d’amour. Mais le livre est tellement plus que ça : le Cancer est présent sur les écrans, mais il est palpable dans le roman. Il y a les trucs affreux sur la maladie mais aussi les bons côtés qu’on essaie de trouver dans la maladie. Il y a l’hôpital, les infirmières… Et même si je le répète il y a l’optimisme. Et je ne vous ai parlé que de ce qu’on rate dans le film. Pas la peine de parler de Gus, Hazel, des parents merveilleux, de Peter Van Houten, ils sont parfaits à l’écran.

Voilà. Vous l’aurez compris, j’aime John Green. Il sait retranscrire exactement les émotions, les sentiments, les contradictions de chaque adolescent.
J’ai trouvé cette citation sur le net, je ne sais pas d’où elle vient exactement mais je vous la restitue :
« J’adore l’intensité que les adolescents mettent, non seulement dans leur premier amour, mais aussi dans leurs premiers chagrins, la première fois qu’ils affrontent la question de la souffrance et du sens de la vie. Les adolescents ont le sentiment que la façon dont on va répondre à ces questions va importer. Les adultes aussi, mais ils ne font plus l’expérience quotidienne de cette importance » C’est fou, John Green met toujours les mots justes sur chaque émotion. Même quand il parle de ses romans, il retranscrit exactement ce que je pense.
Cette émotion, cette intensité dans les sentiments adolescents sont vrais. Vous aurez envie de rencontrer Alaska, vivre une virée comme Quentin, avoir le même copain que Will Grayson (le génial Tiny Cooper), vivre une histoire aussi forte que celle de Gus et Hazel.
A chaque roman fini, on se dit une seule chose : ENCORE !

 

L’avis d’Yvain

Lorsque Nos étoiles contraires est sorti en livre, dans un relatif anonymat, mon collègue B. l’avait lu, me l’avait chaudement recommandé… et je suis allègrement passé à côté.

Deux choses m’y ont fait venir avec plus d’un an de décalage. Premièrement, les ados de ma librairie. Je fais toujours attention quand mes clients me recommandent un livre. Je ne tilte pas forcément quand un premier le mentionne, je le note au fond de mon crane à la deuxième occurrence, je me promets de le lire au troisième, et suivant le livre et les clients, je le lis entre le quatrième et le dixième retour positif… Ca m’a permis de découvrir de jolies perles: Tout ce que j’aimais, de Siri Husvedt, Corps et ame, de Franck Conroy, ou plus récemment les polars de Jussi Adler-Olsen. Là, ça m’a tilté quand j’ai vu de façon de plus en plus régulière des ados (filles ET garçons qui plus est) traîner un(e) de leur ami(e)s dans le rayon jeunesse, leur coller le John Green dans les mains, en variant les commentaires sur le credo « Tu te tais, tu l’achètes, tu le lis et on en reparle après ». J’ai commencé à être vraiment intrigué, vu le manque d’enthousiasme de cette frange de ma clientèle pour la lecture dans la ville où j’officie.

Deuxièmement, Le monde de Charlie, de Stephen Chbosky. Un autre roman jeunesse fort joliment adapté en film, dont la vision m’a poussé à lire le livre (prêté par ma libraire jeunesse préférée, alias Sonia ma cobloggueuse.). Petit moment de grâce que ce joli roman grave et apaisé à la fois, où un outcast introverti découvre les joies de l’amitié au sein d’une bande de gentils freaks au grand coeur. Simple, parfois sombre, souvent émouvant et sans pathos aucun, une gentille petite claque qui fait du bien. Plaisir des livres « jeunesse » dont on a le plaisir de constater qu’ils vous font grandir malgré un âge pseudo-avancé. Ne sachant pas trop quoi lire à ce moment là, je me suis dit que le roman des jeunes cancereux si intriguant pouvait être une bonne idée. Grand bien m’en pris…

Difficile de conseiller ce livre à des parents tant le mot « cancer » occulte tout le reste d’un argumentaire à leurs oreilles effarées! Oui, c’est l’histoire de deux ados malades (dont un en rémission, certes) et oui, le cancer est un personnage à part entière. Mais non, ce n’est pas le cœur du livre. Le cœur du livre, c’est la justesse avec laquelle John Green retranscrit l’éclosion d’un premier amour entre deux gamins trop vite grandi, dont le mordant et le sens de l’humour n’a d’égal que l’envie démesurée d’être et de vivre. Pas de pathos dans ces pages ci, mais des répliques cultes à foison, et des scènes, des attentions entre Hazel et Gus qui vous font fondre tout plein comme une glace sous le soleil.

Le film est… mignon, peut-être trop. Il ne retranscrit pas assez l’humour des deux personnages et quelques magnifiques moments sont escamotés pour le public adolescent (dont une scène de lit particulièrement jolie et drôle dans le livre qui reprend juste les codes visuels de n’importe quel scène de ce type dans le film). Le livre reste bien au dessus, et est à conseiller à n’importe quel ado ou adulte qui ait un peu de coeur.

 

POUR QUI ?

Si vous aimez la littérature Jeunesse, ne ratez aucun de ces livres.

Si vous ne lisez pas de Jeunesse, faites une exception, vous ne serez pas déçu !

Si vous avez aimé Dieu me déteste de Hollis Seamon (dont je vous parlerai bientôt !), vous aimerez Nos Etoiles Contraires et aurez envie de vous jeter, à raison, sur les autres !

Bonnes lectures à tous !

Sonia

 

Voyageur malgré lui

Voyageur malgré lui – Minh Tran Huy – Flammarion – 231 pages
voyageur-malgre-lui« Ouvrier gazier français, Albert dadas (1860-1907) est né à Bordeaux, mais a passé la majeure partie de sa vie loin de chez lui. (…) Souffrant de dromomanie ou « folie du fugueur », il entrait dans des états de transe semi-somnambulique qui lui faisaient tout quitter pour voyager avec frénésie, généralement à pied. Il se retrouvait régulièrement dépouillé de tout et emprisonné dans des cités lointaines, sans jamais pouvoir expliquer comment il était arrivé là. Il a été le premier cas officiel de « tourisme pathologique », maladie qui a fleuri en épidémie dans toute la France à la fin du XIX° siècle, puis qui s’est propagée en Italie et en Allemagne, avant de s’éteindre après une vingtaine d’années. »

C’est lors de vacances à New-York que Line entend parler pour la première fois d’Albert Dadas. Se passionnant d’emblée pour ce personnage hors-norme, elle se plonge dans un mémoire du médecin d’Albert, datant de 1887, Les Aliénés Voyageurs. Au cours de sa lecture, lui reviennent alors des figures intimes ou inconnues qui ont également été des « voyageurs malgré eux » : Thinh, l’oncle bizarre, que l’exil a enfermé dans un silence mélancolique ; Samia Yusuf Omar, jeune athlète olympique somalienne qui mourut dans le naufrage d’un bateau clandestin en direction de l’Italie ; et la figure omniprésente du père de Line, dont le silence s’effritera très doucement et qui lui racontera le Vietnam d’avant l’exil.

L’avis d’Yvain

De Minh Tran Huy, j’avais lu La double vie d’Anna Song, qui m’avait beaucoup touché. Forcément, quand on cumule roman sur la musique et (magnifique) histoire d’amour, la midinette musicophile en moi se réveille et se pâme à tout bout de champ (chant…). J’étais donc tout pressé et anxieux de lire le nouveau roman de l’auteur.
Roman, effectivement, puisque cadre narratif il y a, bien que ténu (le voyage du personnage principal aux Etats-Unis). Mais même s’il n’y avait pas eu cette fine trame, je sais que j’aurais dévoré le livre sans même m’en rendre compte. Bien sûr, le dit cadre permet d’aborder le thème important de la relation au père et l’histoire de celui-ci, dont pour le coup, je n’aurais pas voulu me passer, mais je me serai tout aussi bien contenté des pensées d’un personnage principal sans contexte aucun, tant l’important n’est pas là.

Déjà, il y a Albert Dadas, et on comprend que l’auteur (et le personnage principal) se soit passionnée pour ce type hors-norme, dont la folie (terme à prendre avec des pincettes) est fascinante. Qu’est-ce qui peut pousser un homme jugé bon fils, bon ami, bon collègue, à rentrer ainsi en transe à la moindre mention d’un ailleurs lointain, pour se réveiller quelques jours ou semaines plus tard, dans le dit lieu et sans souvenir aucun du chemin parcouru ? Nous explorons avec le médecin d’Albert cette pathologie unique, celle d’un voyageur involontaire qui cherche à faire sens de ses impensables aventures.
Les allers-retours entre la France d’Albert et le Vietnam de la famille de Line sont alors presque des évidences, tout comme les destins de ces gens jetés sur les routes contre leur gré. Un oncle, un père, une coureuse olympique, autant de visages et de vies différentes pour un même combat impossible, avec lequel il faut savoir composer si on a su –ou pu- survivre.
L’exil est un thème sur-abordé dans les romans, mais le livre de Minh Tran Huy m’a donné une impression de nouveauté dans le traitement comme dans le propos. Albert Dadas nous convie à une idée de l’exil auquel nous ne sommes pas habitués, tant le caractère de sa pathologie mélange l’inattendu et l’invraisemblable. De là, les raisons de l’exil, au Vietnam comme au Rwanda, semblent moins instantanément acquis, et on les réfléchit différemment.
Minh Tran Huy parvient au petit miracle d’aborder des sujets parfois graves ou touchants sans jamais distiller la moindre touche de pathos. D’une pudeur exemplaire, l’écriture limpide de ce livre est d’une justesse confondante quels que soient les sujets abordés ou les portraits esquissés. On sourit parfois, on s’interroge souvent, on a le cœur serré régulièrement, mais on remercie toujours l’auteur de nous offrir ces pages, quoi qu’elles recèlent. Bref, un énorme coup de cœur que je ne peux que conseiller à tout le monde.

NB : Je recommande à quiconque ne la connaitrait pas d’aller sur le champ écouter « Aller sans retour » de Juliette, chanson sur l’exil auquel « Voyageur malgré lui » m’a fait souvent penser. Peut-être à cause de la mélancolie sans pathos qui se dégage des deux œuvre
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L’avis de Valérie

Retrouver Min Tran Huy est un vrai bonheur : J’avais beaucoup aimé La double vie d’Anna Song, roman original et sensible sur l’amour et (de) la musique.

Ici elle s’intéresse à un sujet très différent, car il s’agit de redonner vie à la mémoire de son père, qui l’a perdu en fin de vie, évoquer ses souvenirs du Vietnam qu’il a quitté pour venir faire ses études à Paris et qu’il n’a jamais retrouvé et ses souvenirs de lui : mémoires en abîme et récit à deux voix.

Magnifique hommage aussi à son père et à l’amour qu’elle lui porte, à tout ce qu’il lui a apporté.

Roman du déracinement et de l’éternel quête de l’ailleurs, elle met en parallèle et en lumière ses « fous voyageurs », qui ne peuvent s’empêcher de partir, encore et toujours, dans un besoin irrépressible, avec ses déracinés qui ont quitté leur pays et ne se sentent plus chez eux nulle part.

D’une plume sobre et limpide, Min Tran Huy nous emmène dans ce très beau roman sur les pas de ces éternels voyageurs malgré eux, en quête perpétuelle de leur identité.

L’avis de Sonia

Comme mes deux comparses, j’avais adoré La double vie d’Anna Song, alors bien évidemment, j’ai été ravie de retrouver Minh Tran Huy. J’ai commencé Voyageur malgré lui avec une pointe d’appréhension, la peur d’être déçue après avoir été aussi enthousiaste pour le précédent. Elle a disparu rapidement. J’ai voyagé avec Line immédiatement, je me suis sentie aussi intéressée qu’elle par Albert Dadas. Comment ne pas l’être ? Ce besoin de partir, au point de quitter tout ce qui a un sens, est le moteur de sa vie, mais aussi la cause de son malheur. Ensuite, comme Line, je me suis revue voir la course de Samia, faire l’éloge de son courage et comme tant d’autres l’oublier aussitôt les Jeux terminés. Ce fut bizarre d’ailleurs de m’en souvenir, car ceux qui me connaissent savent à quel point regarder les JO ne fait pas partie de mes hobbies.

Puis, Line nous raconte sa famille, le choix de partir, de ne pas revenir, choix jamais motivé par l’envie mais par la nécessité. Avec simplicité, sans jamais au grand jamais manquer d’intensité, on vit le déracinement, la difficulté de s’intégrer, le désir de rentrer, et pour finir ne plus savoir où rentrer pour se sentir chez soi.

Le parallèle du voyage de Line, par envie, avec celles d’Albert, Samia, de ses oncles, son père, renforce encore la notion de nécessité dans ces voyages ci pour vivre, mieux vivre, survivre. Line nous offre une magnifique déclaration d’amour à son père, à ses silences, comblés par l’histoire qu’il lui raconte finalement au moment même où les mots lui manquent.

Ce roman trouvera forcément un écho en vous, alors ne le ratez pas. Attention, vous aurez envie d’aller au Vietnam après ça !

Pour qui ?
Pour tous ceux qui aiment le voyage, volontaire ou non.
Pour les amoureux du Vietnam.
Pour ceux qui aiment qu’un texte les fasse vibrer et les pousse à réfléchir.

Yvain, Valérie et Sonia.

Chiens enragés

chiens enragésnouvautes0Chiens enragés – Marc Charuel – Albin Michel – 556 pages – 22 euros – En librairie depuis le 26 février 2014

Si vous souhaitez rencontrer Marc Charuel, il sera sur le stand Albin Michel  du Salon du livre de Paris dimanche 23 mars après midi.

« Tu vas leur expliquer que tu travailles à l’alphabétisation des enfants d’immigrés. Karim t’en a déjà parlé. Tu commenceras bientôt. Il te donnera tout à l’heure toutes les informations nécessaires. C’est dans une cité que tu connais. Tu n’auras qu’à y emmener ta femme et tes gosses un de ces quatre. Ils verront que tu gagnes honnêtement ta vie. Montre-leur ça et laisse-les tranquilles. Une fois que ta mission avec les frères du Pakistan aura été remplie, tu pourras les reprendre en main. Nous avons le temps. Le plus important, c’est de recevoir nos envoyés avec le message de l’émir. C’est la seule chose qui doit guider tes pas. On a la pression, en Afghanistan. Nos moudjahidin tuent beaucoup de croisés, mais eux, ils meurent par centaines. Lorsque nous aurons accompli ses dernières volontés, nous serons enfin sur la voie de la libération. Nous pourrons alors penser à l’instauration du califat. Des temps meilleurs viendront, mon frère. Grâce à toi. Ce que tu vas faire, c’est peu au regard de ce que nous obtiendrons. Nous interdirons les piscines, l’union libre, l’homosexualité, le jeu, la musique, le tabac, le maquillage, l’alcool, les films et les photos… Nous interdirons tout. Tout ! » (p.185)

Certains livres marquent durablement et certains auteurs persistent à me produire cet effet-là : rester longtemps en moi à travers des mots, des images, des sensations, des impressions. Lire n’est pas anodin, c’est aussi de ces mots et ces histoires que nous sommes faits. J’ai découvert Marc Charuel en 2011 avec son premier roman chez Albin Michel ; il avait écrit d’autres livres chez d’autres éditeurs auparavant dont certains sont épuisés, en lien avec son métier, photographe de guerre et journaliste. Il s’est beaucoup frotté au pire du pire de l’invention humaine, la guerre, et à travers ses livres, c’est encore le pire du pire qu’il nous donne à voir dans ses romans qui font partie des meilleurs thrillers que j’ai lus.

Le jour où tu dois mourir,  qui vient (enfin!) de sortir  en poche chez Pocket, nous immergeait dans la fabrication et le trafic des snuff movies en Asie et de ses consommateurs en Europe, à partir du meurtre d’une jeune fille à Arcachon. La claque, vraiment. Le genre de livre qui ne vous laisse pas indifférent, ce n’est pas un de plus, c’est un autre, différent, dérangeant et impossible à lâcher.

Au second, sorti en 2012, il a choisi l’armée française et la chape de plomb qui s’abat sur elle de l’intérieur lorsque survient une perturbation dans le fonctionnement de ses rouages, même si ces perturbations sont en l’occurrence des meurtres commis en son sein. Seconde réussite.

C’est la marque de fabrique de Marc Charuel, frapper fort sur des sujets sensibles, et nous embarquer coûte que coûte, contraint par sa plume à le suivre, et cela fonctionne à nouveau avec ce troisième roman, ces Chiens enragés, qui en l’occurrence vont probablement déranger.

Car ces chiens enragés ne sont autres que des soldats d’Allah, ces hommes au cerveau lessivé par les imams et prêts à tout et entre autre à tuer pour la grandeur du prophète. Et ces hommes, ils vivent dans le roman à Nanterre, en banlieue parisienne. L’histoire alterne fort habilement, entre 2001 et 2011, et nous raconte à travers l’histoire d’un homme, Sébastien Verdier, celles des milieux islamistes terroristes en France et en Afghanistan mais aussi celles du travail des services secrets français et américains pour infiltrer et démanteler ces réseaux.

Et le résultat est là, passionnant mais qui fait frémir. Rien ne nous est épargné des atermoiements et bassesses des uns et des autres, car on a beau chercher, il est difficile de trouver quelqu’un à sauver dans cette histoire. Les hommes sont veules et lâches, cupides, égoïstes et violents. Le seul qui force notre empathie est Sébastien Verdier, embarqué dans cette galère par appât du gain certes, mais dans le but de gâter ses enfants. Alors…

Un livre à lire absolument et, des heures de lecture compulsive plus tard, un malaise palpable et une certaine frayeur. Je vous l’ai dit, c’est la marque de cet auteur, nous  faire frémir des pires réalités qui nous entourent, nous faire gamberger.

Pourquoi ? J’ai eu envie de connaître un peu mieux cet auteur et ses motivations et lui ai posé ces questions.

CHARUEL-3-200x200Marc Charuel pouvez-vous vous présenter en quelques  phrases ?

M.C : Indépendant et assez solitaire depuis mon plus jeune âge. Davantage tourné vers les arts que vers les sciences. Amoureux des livres dès cinq ou six ans. Et une nette tendance à me raconter des histoires. Donc pour me calmer, j’ai pris, l’année de mon baccalauréat, la décision d’aller me frotter à celles des autres. Ce fut d’abord l’Irlande du Nord, puis très vite le Sud-Viêtnam et ensuite, pendant des années, toutes les guérillas qui sévissaient de l’Asie du Sud-Est au Pacifique. Et plus tard, les guerres de Croatie et de Bosnie après que je fus rentré en Europe. Enfin, il y aura eu également l’Afghanistan et l’Afrique. Si j’y retourne encore parfois, alors que j’ai soixante ans depuis ce matin, c’est pour garder la forme. Mais d’une façon générale, cette maladie de la guerre qui me collait à la peau depuis ma jeunesse m’a quitté il y a fort longtemps. Heureusement! J’ai réintégré le monde normal pour vivre une passion qui me dévore chaque jour: l’amour de mes enfants. Ça peut paraître être une banalité affligeante, mais c’est comme ça. J’assume.

Il est écrit sur la couverture de vos trois livres parus chez Albin Michel: roman. Pourtant, ce sont davantage des polars, des romans noirs que des romans. Est-ce un choix induit par vos goûts personnels en matière de lecture ou une nécessité au regard de ce que vous voulez raconter?

M.C : C’est surtout le choix de l’éditeur. À l’exception de sa collection “suspense”, il ne précise pas s’il s’agit de romans noirs, de polars ou de thrillers. Mais on ne trompe personne dans la mesure où la quatre de couverture est toujours très explicite. Quand on achète mes livres en se donnant la peine d’en lire le résumé, on sait qu’on ne va pas lire un roman à l’eau de rose…

Je sens à travers vos romans le regard du photographe, du journaliste, du témoin. En quoi pensez-vous que votre travail influe sur vos romans ?

M.C : Ma vie de photographe marque mes romans parce qu’elle m’a marqué moi-même. Au fer rouge… Ce n’est jamais anodin d’aller voir les gens mourir. Encore moins lorsqu’on réalise que beaucoup ont certainement perdu la vie à cause de vous. À cause de votre entêtement à vous trouver là où il ne fallait pas être…

Vos romans sont parfaitement construits et réellement impossibles à lâcher. Quelle est votre méthode de travail? Vous construisez chaque étape, chaque rebondissement? Vous planifiez tout avant de commencer à écrire ou vous vous lancez avec certains éléments et vous vous laissez le loisir d’inventer au fil de l’écriture? Connaissez-vous la fin avant de commencer à écrire?

M.C : Je réfléchis d’abord grossièrement au genre d’histoire que j’ai envie d’écrire: un fait divers, une manipulation politique… Ensuite, je cherche quels seront les personnages de cette histoire, puis j’en établis les fiches. Très précises. Après seulement, je bâtis le plan de roman. De manière très rigoureuse, comme un scenario cinématographique. Chapitre par chapitre. Scène par scène. Ça me prend parfois trois ou quatre mois.  Puis je me mets à écrire. Si je connais très exactement la fin de mon histoire avant même d’en avoir rédigé le début, je m’autorise quelques changements, bien sûr. Rien n’est jamais gravé dans le marbre.

Ce dernier roman, Chiens enragés, plonge au cœur des mouvements terroristes, en Afghanistan et aussi en France. Pensez-vous que cette mine de jeunes gens fanatisés par les imams puis entraînés en Afghanistan est une spécificité française ou une situation qu’on retrouve aussi dans d’autres pays européens ? Pensez-vous que cette menace d’attentats soit toujours réelle ?

M.C : Cela va sans dire. J’ajouterais même: plus qu’hier et moins que demain! Les groupes terroristes se multiplient en Europe et donc en France. Nos services de police travaillent très bien, mais ce n’est pas sûr qu’ils aient encore longtemps les moyens de faire face à cette mouvance qui se renforce chaque jour. Et déteste notre société un peu plus aussi chaque jour… Il ne faut pas l’oublier.

C’est un roman qui traite également des services secrets français et américains qui ne semblent coopérer que pour mieux tirer la couverture à eux. Est-ce romancé?

M.C : Il y a malheureusement du vrai là-dedans, bien sûr. Les services du monde libre ont appris à collaborer ensemble, mais vous avez affaire à des hommes, donc rien n’est jamais parfait.

Le seul à s’en tirer avec honneur dans ce livre est le journaliste. Les journalistes sont-ils toujours aussi honnêtes et avides de vérité…?

M.C : La bonne blague! Non évidemment. Malheureusement, j’ajouterais que beaucoup confondent militantisme et journalisme. Mais que peut-on y faire? Là aussi on a affaire à des hommes. Et puis une vérité d’un côté de la planète n’en est plus une de l’autre côté!

Avez-vous été confronté dans le cadre de votre travail de journaliste à cette raison d’état qui vous aurait empêché de publier? L’information est-elle muselée en France?

M.C : Oui. Il y a une vingtaine d’année, dans le cadre d’une enquête que j’ai menée sur Giat et un contrat de vente de nos chars de combat Leclerc. Ça a été très compliqué pour ne pas dire autre chose. J’en glisse d’ailleurs deux mots dans mon dernier livre.

J’ai lu que, jeune homme, vous vouliez être dessinateur de bandes dessinées. Cela ne vous a plus jamais tenté? Êtes-vous encore un lecteur de bandes dessinées?

M.C : Mon côté artiste… J’ai rapidement laissé tomber parce que je voulais vivre moi-même l’aventure. Pas la faire vivre à des personnages. Et cela fait des années que je n’ai plus ouvert une BD.

Quels sont vos trois auteurs préférés ?

M.C : Comment répondre à cette question? J’ai envie de vous dire: Jonathan Coe, Jean Giono et Jean Hougron (auteur de La nuit indochinoise qui lui vaudra le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1953) mais ce sera vrai et faux à la fois. Il y a tellement d’autres auteurs qui ont écrit parfois un seul livre qui m’a vraiment passionné, que cela me gêne de ne pas les citer tous.

Et vos auteurs de polar préférés ?

Edward Bunker, James Ellroy, Philip Kerr, Patrick Graham, Ian Rankin, Maud Tabachnik, Jean-Christophe Grangé, Mo Hayder, Dennis Lehane, Jim Nisbet, Jim Harrison, Russel Banks, Donald Ray Pollock, Michael Crichton, Stewart O’Nan, Donald Westlake, John Grisham et le très grand Gérard de Villiers.

Que lisez-vous en ce moment ?

M.C : Je lis en ce moment Les hommes de Diên Biên Phù de Roger Bruge,  Diên Biên Phù vu d’en face, paroles de bô dôi, et Dépêches du Vietnam de John Steinbeck. Vous voyez, c’est très asiatique! Mais je vais ouvrir prochainement Prières pour la pluie de Dennis Lehane.

Mille mercis pour ses réponses et joyeux anniversaire Marc.

Je vous souhaite d’écrire encore d’aussi bons livres et qu’ils rencontrent de nombreux lecteurs.

Belles lectures à tous,

Valérie

PS : Veuillez excuser le bug de mise en page qui interdit à ma tranquillité d’esprit d’avoir les mêmes espaces entre chaque paragraphe…impossible à corriger….je capitule et puis l’essentiel est ailleurs, n’est-ce pas, dans le contenu par exemple…