Broadway Limited, un dîner avec Cary Grant

Broadway-Limited-tome-1-Un-dîner-avec-Cary-Grant-de-Malika-Ferdjoukh-chez-LEcole-des-loisirsBroadway Limited, un dîner avec Cary Grant

Malika Ferdjoukh

Ecole des Loisirs- 582 pages

 

 

 

 

 

Normalement, Jocelyn n’aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n’accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard. Pourtant, grâce à son talent de pianiste, grâce, aussi, à un petit mensonge et à un ingrédient miraculeux qu’il transporte sans le savoir dans sa malle, Jocelyn obtient l’autorisation de loger au sous-sol. Nous sommes en 1948, cela fait quelques heures à peine qu’il est à New York, il a le sentiment d’avoir débarqué dans une maison de fous. Et il doit garder la tête froide, car ici il n’y a que des filles. Elles sont danseuses, apprenties comédiennes, toutes manquent d’argent et passent leur temps à courir les auditions. Chic a mangé tellement de soupe Campbell’s à la tomate pour une publicité que la couleur rouge suffit à lui donner la nausée. Dido, malgré son jeune âge, a des problèmes avec le FBI. Manhattan est en proie à l’inquiétude depuis qu’elle a cinq ans. Toutes ces jeunes filles ont un secret, que même leurs meilleures amies ignorent. Surtout Hadley, la plus mystérieuse de toutes, qui ne danse plus alors qu’elle a autrefois dansé avec Fred Astaire, et vend chaque soir des allumettes au Social Platinium. Hadley, pour qui tout a basculé, par une nuit de neige dans un train. Un train nommé Broadway Limited. Le livre le plus étourdissant de Malika Ferdjoukh.

Au milieu de ma lecture, bien décidée à écrire ce petit quelque chose sur ce bijou, je me suis aperçue que jamais je n’avais écrit d’article sur un roman de l’Ecole des Loisirs. Des coups de coeur chez cette maison que j’affectionne tout particulièrement, j’en ai un sacré paquet ! Claire Castillon, Marie Desplechin, Jenny Valentine, Shaine Cassim et bien sûr Malika Ferdjoukh. Ma propension à la procrastination mise à part, je ne vois aucune explication. Mais ce titre va rendre justice à ceux pour lesquels je n’ai pas eu le courage d’écrire… Alors Alléluia ! et Bravo Malika Ferdjoukh ! Auteure devenue classique à l’Ecole des Loisirs, elle compte parmi ses romans des succès comme les « Quatre Soeurs », un vrai délice, et maintenant adapté en BD, « Sombres citrouilles » et tant d’autres.

« Broadway Limited, un dîner avec Cary Grant » est donc le premier tome de ce dyptique. Nous sommes en 1948 à New York. L’aube des années 50 et ma ville préférée ! Un combo qui ne pouvait que me réjouir surtout sous la plume exceptionnelle de Malika Ferdjoukh.
Jocelyn, jeune frenchy tout juste débarqué de son Paris natal a eu une bourse pour étudier à l’autre bout du monde. Une chambre lui a été réservé à la Pension Giboulée, 78 Rue Ouest, mais à son arrivée, rien ne va se passer comme prévu. Il a l’impression  de se trouver au milieu d’un asile de fous. Au milieu de ces pensionnaires, toutes plus farfelues les unes que les autres, du moins en a t on l’impression, Jocelyn se sent perdu. Comme nous d’ailleurs ! On ne sait plus qui est qui, on s’en souvient, on perd quels boulots elles font, et puis comme Jocelyn on se sent bien au milieu de ces danseuses, comédiennes, chanteuses, modèles.
Finalement, on sait parfaitement qui est qui et on tombe sous le charme !
Malika Ferdjoukh célèbre l’âge d’or de Broadway, avec ce roman. Alors on va croiser Clarke Gable, Sarah Vaughan. Mais pour faire le Show, bien sûr il y a les stars, et il y a aussi tous ceux qui veulent voir leurs noms qui scintillent tout en haut des affiches. Manhattan, Chic, Hadley, Page, Etchika, Ursula courent les castings, cherchent le rôle qui les mènera au sommet de la gloire.
Tantôt, vous serez proche de l’une, tantôt d’une autre. Malgré les 600 pages du roman, vous ne serez pas rassasié, vous en voudrez encore et encore.

Fin des années 40, des artistes en herbe et aux commandes Malika Ferdjoukh, fan et grande connaisseuse des comédies musicales, ce roman est une ode à la musique. Oh oui, avec ce roman, ça va swinguer ! Le titre de chaque chapitre est le titre d’une chanson. Elles vous mettent délicieusement dans l’ambiance et si vous ne les connaissez pas, peu importe ! Ce sera peut être l’occasion de découvrir des titres souvent cultes. Avec le talent de Malika Ferdjoukh, on est loin de se sentir noyé sous les réfèrences pourtant nombreuses. Elles agrémentent la lecture, elles la rendent plus savoureuse. L’auteure nous offre ces références,on sent que c’est une époque qu’elle aime et elle nous fait cadeau de tout ça. Et quel cadeau ! Quel plaisir de voir Grace Kelly faire des essais, et le jeune Woody Allen sécher les cours pour entrer en douce dans les studios ! Et si vous connaissez « All about Eve », vous retrouverez même des personnages de ce film culte.
Oui, c’est un livre avec une vraie ambiance, une ambiance festive : on chante, on danse, on aime, il y a du glamour, des divas, des dialogues savoureux, drôles. Et pourtant, derrière le rideau de la scène, il y a autre chose, c’est aussi un magnifique roman qui dépeint cette période trouble où les esprits sont encore marqués par la seconde guerre, où la guerre froide fait rage, et où la ségrégation est bien présente. On rit, c’est vrai, et pourtant sous le rire, il y a l’argent qui manque, la célébrité qui tarde à venir, les secrets impossible à partager, la quête d’identité, tout cela et tellement plus encore.
« Le livre le plus étourdissant de Malika Ferdjoukh », voilà ce qu’on peut lire sur la quatrième de couverture, c’est tellement vrai ! Etourdissant ! Des intrigues qui tiennent en haleine, des destins qui se croisent, des rebondissements de folie, des personnages qu’on aime, avec qui on rit, pour qui, de temps en temps on pleure.
Voilà un livre de genres, inclassable car baigné de différentes atmosphères aussi riches qu’envoûtantes qui ne laissera personne insensible, je vous le garantis.

Dernier petit mot : Malika Ferdjoukh dit n’avoir passé que cinq jours dans la Grosse Pomme, et pourtant, tout au long de ma lecture, je me revoyais déambuler dans les rues de New York. Bien sûr le New York de 1948 n’est plus le même actuellement, et pourtant j’ai voyagé sur Broadway comme lors de mon séjour. Vous ressentirez New York avec ce roman, vous respirerez New York ! Si vous connaissez, ce sera un voyage sans avoir besoin de sortir vos photos, si vous ne connaissez pas, vous vivrez New York. J’y suis allée en été, et en refermant le livre, mon envie d’y aller en hiver a décuplé !

J’ai hâte de retrouver Jo, Manhattan, Hadley, et les autres, tous ces personnages secondaires dont je ne vous ai pas parlé mais qui méritent toute votre attention et que je vous laisse découvrir…

Courrez chez votre libraire, et si vous passez par le Gibert Joseph de Saint Michel, le samedi 18 avril, vous pourrez vous le faire dédicacer ! Et si vous ne pouvez pas ce samedi, ne vous inquiétez pas, elle sera aussi au Gibert Joseph de Barbès le 25 avril ! Il n’y a pas à hésiter ! Je vous parie un dîner avec Cary Grant que vous ne serez pas déçu par ce sachet de bonbons acidulés, à la fois doux et piquants…

Pour qui ?

Pour ceux qui aiment les comédies musicales, qui ont envie de faire un petit tour sur Broadway, dans les années 40.

Pour ceux qui ont lu et aimé Malika Ferdjoukh ! Vous retrouverez son style avec un vrai plaisir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *