Les Autodafeurs

 

20140707-183934-67174355Les Autodafeurs, mon frère est un gardien.

 

 

 

 

 

 

 

Les-autodafeurs-02Les Autodafeurs 2, ma soeur est une artiste de guerre.

 

 

 

 

 

 

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Les Autodafeurs 3, nous sommes tous des propagateurs.

Marine Carteron

Le Rouergue

 

Je m’appelle Auguste Mars, j’ai 14 ans et je suis un dangereux délinquant. Enfin, ça, c’est ce qu’ont l’air de penser la police, le juge pour mineur et la quasi-totalité de la ville. Évidemment, je suis totalement innocent des charges de « violences aggravées, vol, effraction et incendie criminel » qui pèsent contre moi mais pour le prouver, il faudrait que je révèle au monde l’existence de la Confrérie et du complot mené par les Autodafeurs et j’ai juré sur ma vie de garder le secret. Du coup, soir je trahis ma parole et dévoile un secret vieux de vingt-cinq siècles (pas cool), soit je me tais et je passe pour un dangereux délinquant (pas cool non plus).
Mais bon, pour que vous compreniez mieux comment j’en suis arrivé là, il faut que je reprenne depuis le début, c’est-à-dire là où tout a commencé. 

P.-S. : Ce que mon frère a oublié de vous dire c’est qu’il n’en serait jamais arrivé là s’il m’avait écoutée ; donc, en plus d’être un gardien, c’est aussi un idiot. Césarine Mars

J’ai lu des trilogies, des dyptiques, des tétralogies, et les suites ne sont pas toujours au rendez vous des premiers tomes. Alors maintenant, si je parle d’une série de livres, c’est que je l’ai lu et aimé jusqu’au bout, ça signifie que les tomes deux, trois et quatre sont aussi bons, voire meilleurs. On ne va pas s’embarrasser de premiers tomes géniaux et des suivants décevants. Donc aujourd’hui, je parle d’une trilogie finie et géniale Les Autodafeurs. Vous en avez peut être entendu parler car le premier tome a été encensé par les libraires, ils avaient voté pour ce livre pour le Prix Libr’à nous. Il n’y a pas de hasard !

Quand mon représentant m’avait présenté ce livre, il n’avait pas été avare de compliment, et comme je lui faisais complètement confiance, avant même de le lire, j’y ai cru. Et après la lecture de « Mon frère est un gardien », je voulais vraiment le pousser, le défendre parce qu’il est drôlement bien. Mais bien sûr, j’avais peur pour la suite et puis « Ma sœur est une artiste de guerre », la couverture m’a fait flipper, le livre m’a fait tripper ! Et « Nous sommes tous des propagateurs » est arrivé et là mes attentes ont été comblées !

 

Ni Marie, ni Martine n’ont écrit cette trilogie, c’est bien Marine Carteron qui nous a offert cette série et que je veux remercier, en tant que lectrice et en tant que libraire. Oui, quand on a aimé un premier tome, on le conseille, on est content de le vendre et on est beaucoup moins heureux quand le deuxième tome n’arrive pas, que nos clients nous le réclament à cor et à cri et nous on se retrouve tout penaud. Il y a toujours un moment où je me dis, c’est bon, la prochaine fois je conseille une série finie. C’est difficile aussi de dire à tes clients que le premier tome génial que tu as conseillé avec ferveur n’aura pas de suite faute de succès. Là je cible quelques éditeurs, hein, loin d’être la majorité heureusement.

C’est donc pour ça que je tiens à remercier chaleureusement MARINE CARTERON et son éditeur pour la rapidité des sorties des trois tomes ! Un an, et la trilogie est là sur ma table. En tant que libraire, je trouve ça génial et tellement plus facile. En tant que lectrice, je trouve ça génial, parce ce fut un bonheur de lecture. Et maintenant je vous dis pourquoi.

 

Sur la quatrième de couverture, on comprend assez vite qu’il va y avoir deux narrateurs, un frère et une sœur, Gus et Césarine Mars.  Gus est un ado normal, intéressé surtout par son look de beau gosse, les filles. Césarine, comme son frère le dit est une artiste. Une artiste à sa façon, elle est autiste, a une façon bien à elle de communiquer. Donc Gus nous raconte comment après la mort de son père, sa famille et lui ont quitté Paris pour la campagne. Nous avons également droit au journal de Césarine. Elle, au moins, ne s’embarrasse pas de fioriture, elle nous raconte l’essentiel et on se rend compte que  la petite Césarine a de nombreux atouts dans sa manche. Heureusement parce que son frère est un idiot. Enfin presque.

A leurs manières, ils vont découvrir le secret familial, leur rôle dans une lutte sans pitié contre les Autodafeurs.

Vous savez tous ce qu’est un autodafé, les autodafeurs cherchent donc le meilleur moyen de détruire les livres, la culture, la connaissance. En tant que libraire, le sujet m’a plu, car je ne vends pas des livres, par hasard, c’est un choix. Les livres ont toujours été des amis, que ce soit pour apprendre ou me détendre, c’est grâce à eux que je suis moi, que je me suis construite. Et j’ai envie de faire découvrir des auteurs, des romans. En tant que citoyenne, à l’heure actuelle, ça me semble nécessaire de mettre ce genre de livre dans les mains des ados. Alors là, vous allez peut être vous dire que ça a l’air un peu ennuyeux, mais pour le coup c’est une grosse erreur. On est loin de s’ennuyer, parce c’est écrit avec intelligence, parce que c’est drôle et profond à la fois, parce que les personnages sont vrais et que même quand tu veux sauver l’humanité, tu peux agir comme un idiot, et te prendre des râteaux. Mais de beaux râteaux quand même.

 

Au fil des tomes, les personnages se font plus intéressants, ils évoluent au fil des intrigues et rebondissements, et ils sont nombreux ces rebondissements. On ne s’ennuie pas une seconde, cette trilogie se dévore littéralement ! Et franchement, c’est impossible de s’attendre à cette fin !

Action + Humour à la façon Marine Carteron = du bonheur en mots !

Mais il n’y a pas que ça, et pourtant c’est déjà beaucoup ! Avec Les autodafeurs et une héroïne atteinte du syndrome d’Asperger, Marine Carteron nous fait découvrir le handicap. Quand Césarine va rencontrer Sara, atteinte de trisomie, une nouvelle fois, nous sommes confrontés au handicap. Face à l’intelligence implacable de Césarine, la gentillesse débordante de Sara, difficile de rester de marbre. Des personnages forts comme elles, on en veut encore. Elles font réfléchir. Et dans le bon sens. D’ailleurs, il ne faut pas hésiter à aller à sa rencontre sur Facebook, elle est très accessible sur le net !

En tout cas, j’ai hâte de lire son prochain roman, et quand vous aurez fini « Les Autodafeurs », vous aussi vous en aurez envie, je vous le garantis.

Donc :

  1. C’est drôle, intelligent et haletant à la fois.
  2. Les personnages sont attachants. Tous.
  3. Il faut aller chez son libraire préféré et acheter ces trois livres.

Pour qui ?

Pour tous les ados (même les plus grands hein !) qui veulent une super lecture !

Sonia

Broadway Limited, un dîner avec Cary Grant

Broadway-Limited-tome-1-Un-dîner-avec-Cary-Grant-de-Malika-Ferdjoukh-chez-LEcole-des-loisirsBroadway Limited, un dîner avec Cary Grant

Malika Ferdjoukh

Ecole des Loisirs- 582 pages

 

 

 

 

 

Normalement, Jocelyn n’aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n’accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard. Pourtant, grâce à son talent de pianiste, grâce, aussi, à un petit mensonge et à un ingrédient miraculeux qu’il transporte sans le savoir dans sa malle, Jocelyn obtient l’autorisation de loger au sous-sol. Nous sommes en 1948, cela fait quelques heures à peine qu’il est à New York, il a le sentiment d’avoir débarqué dans une maison de fous. Et il doit garder la tête froide, car ici il n’y a que des filles. Elles sont danseuses, apprenties comédiennes, toutes manquent d’argent et passent leur temps à courir les auditions. Chic a mangé tellement de soupe Campbell’s à la tomate pour une publicité que la couleur rouge suffit à lui donner la nausée. Dido, malgré son jeune âge, a des problèmes avec le FBI. Manhattan est en proie à l’inquiétude depuis qu’elle a cinq ans. Toutes ces jeunes filles ont un secret, que même leurs meilleures amies ignorent. Surtout Hadley, la plus mystérieuse de toutes, qui ne danse plus alors qu’elle a autrefois dansé avec Fred Astaire, et vend chaque soir des allumettes au Social Platinium. Hadley, pour qui tout a basculé, par une nuit de neige dans un train. Un train nommé Broadway Limited. Le livre le plus étourdissant de Malika Ferdjoukh.

Au milieu de ma lecture, bien décidée à écrire ce petit quelque chose sur ce bijou, je me suis aperçue que jamais je n’avais écrit d’article sur un roman de l’Ecole des Loisirs. Des coups de coeur chez cette maison que j’affectionne tout particulièrement, j’en ai un sacré paquet ! Claire Castillon, Marie Desplechin, Jenny Valentine, Shaine Cassim et bien sûr Malika Ferdjoukh. Ma propension à la procrastination mise à part, je ne vois aucune explication. Mais ce titre va rendre justice à ceux pour lesquels je n’ai pas eu le courage d’écrire… Alors Alléluia ! et Bravo Malika Ferdjoukh ! Auteure devenue classique à l’Ecole des Loisirs, elle compte parmi ses romans des succès comme les « Quatre Soeurs », un vrai délice, et maintenant adapté en BD, « Sombres citrouilles » et tant d’autres.

« Broadway Limited, un dîner avec Cary Grant » est donc le premier tome de ce dyptique. Nous sommes en 1948 à New York. L’aube des années 50 et ma ville préférée ! Un combo qui ne pouvait que me réjouir surtout sous la plume exceptionnelle de Malika Ferdjoukh.
Jocelyn, jeune frenchy tout juste débarqué de son Paris natal a eu une bourse pour étudier à l’autre bout du monde. Une chambre lui a été réservé à la Pension Giboulée, 78 Rue Ouest, mais à son arrivée, rien ne va se passer comme prévu. Il a l’impression  de se trouver au milieu d’un asile de fous. Au milieu de ces pensionnaires, toutes plus farfelues les unes que les autres, du moins en a t on l’impression, Jocelyn se sent perdu. Comme nous d’ailleurs ! On ne sait plus qui est qui, on s’en souvient, on perd quels boulots elles font, et puis comme Jocelyn on se sent bien au milieu de ces danseuses, comédiennes, chanteuses, modèles.
Finalement, on sait parfaitement qui est qui et on tombe sous le charme !
Malika Ferdjoukh célèbre l’âge d’or de Broadway, avec ce roman. Alors on va croiser Clarke Gable, Sarah Vaughan. Mais pour faire le Show, bien sûr il y a les stars, et il y a aussi tous ceux qui veulent voir leurs noms qui scintillent tout en haut des affiches. Manhattan, Chic, Hadley, Page, Etchika, Ursula courent les castings, cherchent le rôle qui les mènera au sommet de la gloire.
Tantôt, vous serez proche de l’une, tantôt d’une autre. Malgré les 600 pages du roman, vous ne serez pas rassasié, vous en voudrez encore et encore.

Fin des années 40, des artistes en herbe et aux commandes Malika Ferdjoukh, fan et grande connaisseuse des comédies musicales, ce roman est une ode à la musique. Oh oui, avec ce roman, ça va swinguer ! Le titre de chaque chapitre est le titre d’une chanson. Elles vous mettent délicieusement dans l’ambiance et si vous ne les connaissez pas, peu importe ! Ce sera peut être l’occasion de découvrir des titres souvent cultes. Avec le talent de Malika Ferdjoukh, on est loin de se sentir noyé sous les réfèrences pourtant nombreuses. Elles agrémentent la lecture, elles la rendent plus savoureuse. L’auteure nous offre ces références,on sent que c’est une époque qu’elle aime et elle nous fait cadeau de tout ça. Et quel cadeau ! Quel plaisir de voir Grace Kelly faire des essais, et le jeune Woody Allen sécher les cours pour entrer en douce dans les studios ! Et si vous connaissez « All about Eve », vous retrouverez même des personnages de ce film culte.
Oui, c’est un livre avec une vraie ambiance, une ambiance festive : on chante, on danse, on aime, il y a du glamour, des divas, des dialogues savoureux, drôles. Et pourtant, derrière le rideau de la scène, il y a autre chose, c’est aussi un magnifique roman qui dépeint cette période trouble où les esprits sont encore marqués par la seconde guerre, où la guerre froide fait rage, et où la ségrégation est bien présente. On rit, c’est vrai, et pourtant sous le rire, il y a l’argent qui manque, la célébrité qui tarde à venir, les secrets impossible à partager, la quête d’identité, tout cela et tellement plus encore.
« Le livre le plus étourdissant de Malika Ferdjoukh », voilà ce qu’on peut lire sur la quatrième de couverture, c’est tellement vrai ! Etourdissant ! Des intrigues qui tiennent en haleine, des destins qui se croisent, des rebondissements de folie, des personnages qu’on aime, avec qui on rit, pour qui, de temps en temps on pleure.
Voilà un livre de genres, inclassable car baigné de différentes atmosphères aussi riches qu’envoûtantes qui ne laissera personne insensible, je vous le garantis.

Dernier petit mot : Malika Ferdjoukh dit n’avoir passé que cinq jours dans la Grosse Pomme, et pourtant, tout au long de ma lecture, je me revoyais déambuler dans les rues de New York. Bien sûr le New York de 1948 n’est plus le même actuellement, et pourtant j’ai voyagé sur Broadway comme lors de mon séjour. Vous ressentirez New York avec ce roman, vous respirerez New York ! Si vous connaissez, ce sera un voyage sans avoir besoin de sortir vos photos, si vous ne connaissez pas, vous vivrez New York. J’y suis allée en été, et en refermant le livre, mon envie d’y aller en hiver a décuplé !

J’ai hâte de retrouver Jo, Manhattan, Hadley, et les autres, tous ces personnages secondaires dont je ne vous ai pas parlé mais qui méritent toute votre attention et que je vous laisse découvrir…

Courrez chez votre libraire, et si vous passez par le Gibert Joseph de Saint Michel, le samedi 18 avril, vous pourrez vous le faire dédicacer ! Et si vous ne pouvez pas ce samedi, ne vous inquiétez pas, elle sera aussi au Gibert Joseph de Barbès le 25 avril ! Il n’y a pas à hésiter ! Je vous parie un dîner avec Cary Grant que vous ne serez pas déçu par ce sachet de bonbons acidulés, à la fois doux et piquants…

Pour qui ?

Pour ceux qui aiment les comédies musicales, qui ont envie de faire un petit tour sur Broadway, dans les années 40.

Pour ceux qui ont lu et aimé Malika Ferdjoukh ! Vous retrouverez son style avec un vrai plaisir !

100 000 canards par un doux soir d’orage

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Thomas Carreras

Sarbacane 2015 – 300 pages

 

 

 

 

 

Quand Ginger, 18 ans, débarque à Merrywaters – le bled le plus paumé d’Angleterre- pour assister à un festival de musique, elle est loin de se douter que les canards seront aussi nombreux dans le coin. Ni qu’ils commenceront à l’espionner…

La suite ? Ah non c’est tout, on ne vous dit rien !

Bon, moi je vais en dire quelques trucs quand même, parce que j’ai très envie de vous donner envie….

Anatidaephobie (n.f) peur panique à l’idée d’être observé par des canards.

Le pitch est simple : un trou perdu au Royaume Uni, Merrywaters, organise un festival de musique où Stevie Wonder, les Rolling Stone, les Village People et tant d’autres seront là. Impossible de rater ça pour Ginger Hunter, jeune baroudeuse venue de Paradise City, Nevada. Deux semaines avant le Nightfest, elle réussit à se dégoter un job au seul pub du coin. Et dans ce coin (coin, elle est facile celle là alors j’hésite pas !), Ginger se rend vite compte que cette campagne est une campagne où le canard est roi. Des canards, il y en a partout. Et surtout, Ginger commence à se sentir un peu espionnée par tous ces anatidés. Et si les canards n’étaient pas aussi inoffensifs que cela ? Et oui, si vous connaissiez pas le mot anatidaephobie, vous allez  vite comprendre voire même le ressentir, car cette définition n’était pas là pour faire croire que je connais des mots, parce que non je ne connaissais pas !, elle figure bien sur la quatrième de couverture. L’anatidaephobie est une maladie inventée par Gary Larson, auteur de bandes dessinées, il va falloir que je me penche sur son oeuvre, tiens….Un de plus !

Et c’est là qu’on part dans un délire de fou ! Mélangez un peu des Oiseaux d’Alfred  Hitchcock, un peu du Livre sans nom du Grand Anonyme et on se prend un cocktail explosif en pleine poire ! Ca part dans tous les sens, c’est complètement cramé et donc tellement jouissif !

Vous en connaissez beaucoup des romans où Mike Jagger et Stevie Wonder, tranquillement défoncés se demandent si c’est un bad trip ou alors si les canards peuvent vraiment bouffer de l’humain. Moi, j’en avais pas encore lu, heureusement, Thomas Carreras est passé par là.

Je n’avais pas lu 50 cents, premier roman sorti chez Exprim ( Encore me direz vous, mais, il n’y a pas de hasard, les nouveaux bons auteurs français sont souvent chez eux…) et je vais y remedier rapidement ! Ma PAL ne descendra jamais et ça, en fait ça me rend bien heureuse !

Oui, l’auteur est jeune, et on sent bon nombre de bonnes références cinématographiques, je vous laisse les retrouver 😉 et aussi de littérature dite de genre (même si j’aime pas ce terme mais on ne va pas entrer dans un débat là maintenant, alors me lancez pas sur le sujet !). Et OUI, c’est terriblement bien écrit, bien construit, on se laisse entrainer dans cette histoire de dingue en se marrant ( si vous lisez dans les transports, attendez vous à rire bêtement parfois…), en frissonant d’horreur aussi, de temps en temps.

Donc en lisant ce roman, j’ai pensé que je devais avoir pas mal de références en commun avec Thomas Carreras, et beaucoup de bonnes choses, ciné, littérature. Bon, avoir les mêmes références ne veut pas dire coup de coeur bien évidemment, il en faut plus. Une bonne histoire, un style, et ce petit plus qui te donne envie d’écrire un billet sur le blog. Avec 100 000 canards par un doux soir d’orage, on a tout ça.

C’est fou (c’est l’adjectif récurrent vous l’avez bien compris je suppose !), c’est drôle, décapant, complètement jouissif !

Comme je ne vis pas au milieu des canards, mais en région parisienne où on est plutôt entourés par les pigeons, après la lecture de ce roman, je ne les ai plus regardés de la même façon…Eux aussi auraient toutes les raisons de nous attaquer sauvagement, donc, je pense qu’on devrait les surveiller sérieusement. D’ailleurs c’est ce que je fais depuis. Et parfois, ils ont vraiment l’oeil belliqueux. Vraiment, hein. J’exagère à peine.

Je dois vous prévenir, préparez vous à avoir envie d’écouter Paradise City, Guns N’ Roses et Black Betty, Ram Jam. Impossible de me les sortir de la tête ! Et ne me dites pas que vous ne connaissez pas, ou pire que vous aimez pas, je serai trop déçue, hein !

 

Bref, on en redemande. Le talent n’attend décidément pas le nombre des années….

Et je tiens à vous rassurer sur mon objectivité : non, personne chez Sarbacane ne m’a soudoyée, ils ont juste des auteurs de talent, j’y suis pour rien, moi. Et clairement,  des livres comme ça j’en veux encore et toujours !

Pour qui ?

Pour ceux qui veulent se marrer en lisant un bon livre.

Pour ceux qui aiment les romans cinématographiques. Messieurs les cinéastes à quand une adaptation ? Ca le mérite !

Les Géants

 

 geantsLes Géants

Benoît Minville

Sarbacane 2014- 288 pages.

Ça se passe sur la côte Basque. 
Les Géants, ce sont eux :
Deux familles, un clan qui se serre les coudes depuis toujours. Les parents, ouvriers et pêcheurs, gardent la tête haute. Leurs fils ont le surf pour vocation. Peu ou pas d’horizon.
Et soudain, la vague arrive :
César, le grand-père, revient. Il a passé 20 ans en prison ; tout ce temps, on a fait croire qu’il était mort… et il a des comptes à régler.
De lours secrets à déterrer.

 

J’avais beaucoup aimé son premier roman paru également chez Sarbacane dans la collection X’prim. Si vous avez oublié Je suis sa fille, relisez le billet ou mieux le roman ! Donc Benoît Minville revient ici avec un nouveau roman, avec une bande son tout aussi rock’n’roll. Et même si dans cette bande son on trouve Papa Roach, je n’ai pas refermé aussitôt le livre…( private joke to V. !)
Je vous le dis tout de suite pour Les Géants, les mots « coup de coeur » ne reflètent pas vraiment la réalité. Ce roman ce fut une claque. Je pèse mes mots : une méga claque.

Nous sommes au Pays Basque, à l’approche de l’été, ce moment où les touristes déferlent pensant qu’ils sont chez eux. Les Géants, ce sont eux, eux qui vivent là toute l’année. Deux familles, un clan, ouvriers, pêcheurs, deux couples, quatre enfants, amis dans le bonheur autant que dans l’adversité, pas dans les mauvaises passes seulement : ce ne sont pas des amitiés de façade, ce sont des amitiés d’une vie. Des amis comme on en rencontre peu. Mais il n’y a pas que la galère et la crise, il y a aussi le surf, les filles, la vie sur la côte, la mer celle qui peut tant te donner, et tout te reprendre en un clin d’oeil.   Au milieu de tout cela : des secrets, des petits et un grand. Le grand, c’est un de ceux qui, une fois pété à la gueule, le retour en arrière est impossible.

Le secret, c’est César Sabiani, le grand père marseillais qu’on croyait mort il y a bien longtemps. Le retour de ses vingt ans de prison renvoie au patriarche Auguste la honte, sa honte d’être le fils de son père. Ce retour est synonyme de danger, plus encore que pouvait le redouter, Auguste, le père de Marius et Alma.

Marius, lui aussi, a un secret, son rêve : partir découvrir le monde sur son bateau. Mais c’est difficile d’annoncer à ceux qu’on aime le plus au monde sa volonté de les quitter. Son meilleur ami, Esteban, a lui aussi un secret, un secret d’amour.

Voilà l’intrigue est là. Une histoire presque banale. Ce sont sans doute les histoires les plus simples qui font les plus grands personnages. Et les Géants font partie de ceux là, tous sont attachants, tellement attachants d’ailleurs que je ne voulais pas les laisser partir, je voulais les garder encore avec moi le plus longtemps possible. Alors, je l’ai savouré ce roman, doucement, lentement, pour que les Géants grandissent encore un peu plus en moi. Tant pis pour ma PAL énorme, j’avais besoin de ce temps. Besoin de digérer ces émotions, cette intensité. Ce n’est pas un roman qui se dévore, non, il se déguste par petites touches tant il est fort. Benoît Minville a tellement de talent qu’une scène de petit déjeuner familial vous fait monter les larmes aux yeux, dans les silences, les gestes. On ressent tout, fort, si fort. C’est épidermique, vous allez avoir les poils, tout au long de la lecture, je préfère vous prévenir ! Donc, effectivement, la trame est bien , vraiment bien d’ailleurs, mais ce sont des personnages extraordinaires qui la font vivre si fortement.

Je vous assure : une fois rencontrés, Marius, Alma, Estéban, Bartolo, Auguste, Enora, Henriko et Samia, vous ne pourrez pas les oublier, et en plus, vous voudrez vous en souvenir. Vraiment.

Alors non, je survends pas ce livre : je l’ai vraiment trouvé exceptionnel. Je ne pense pas pouvoir retranscrire l’émoi, le bonheur, tout ce que m’a procuré ce roman.

Je crois que je n’ai pas besoin d’en dire plus, à part, s’il vous plaît : Ne passez pas à côté de ce BIJOU.

C’est pour ce genre de roman de cette trempe que je me lève le matin car c’est un bonheur de le conseiller car je suis certaine qu’il frappera en plein coeur. Ouais, mon boulot, c’est ça : donner du bonheur à mes clients avec des pépites comme celles là. Cool, non ?

Pour qui ?

Les habitués de la collection chez Sarbacane s’y retrouveront bien sûr. Ceux qui ont aimé son premier roman vont adorer celui là.

En fait, ce roman est fait pour TOUS

 

John Green

Un millier d’années sans poster un article, (à peine exagéré ! ) comme si je n’avais lu aucun roman digne de ce nom ! Faux, c’est juste la flemme, le pouvoir de toujours tout remettre à demain, à l’infini… Et là je reviens avec/pour la sortie de Nos étoiles contraires au cinéma, avec à peine du retard, mais il est encore à l’affiche 🙂 Facile vous allez me dire. Et vous aurez un peu raison, mais pas tout à fait. Car oui je vais parler de ce roman extraordinaire mais pas seulement.

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Peut être qu’avant cet été vous ne connaissiez pas John Green, mais il n’est pas novice dans la littérature Jeunesse. Nos étoiles contraires n’est pas son premier roman. Avant il y a eu Qui es tu Alaska ? Le formidable, le génial Qui es tu Alaska ? devrais je dire.
Dans ce premier roman, Miles, gentil looser, décide de partir dans un pensionnat. en « quête d’un Grand Peut-Etre« , comme l’aurait dit Rabelais sur son lit de mort. Oui, car Miles, son truc, ce sont les citations avant de mourir. Et ici,  dans ce nouveau lycée, il va découvrir toutes les premières fois de l’adolescence. En grande partie grâce à Alaska. cette jolie fille atypique va lui montrer une autre facette de la vie. Tout ado a envie d’avoir une Alaska dans sa vie, vraiment. Et si comme moi vous ne l’avez pas eue, alors lisez ce livre pour la rencontrer !! Elle n’a pas que des qualités, non, mais elle ouvre des voies. Elle est transgression et réconfort à la fois. Sans elle « comment sortir de ce labyrinthe ? » Quand vous l’aurez lu, vous comprendrez peut être cette phrase de Simon Bolivar… Et bonne nouvelle, les droits auraient été achetés pour une adaptation cinématographique. Oui, comme beaucoup, je sais, mais gageons que grâce au succès actuel de Nos étoiles contraires, ça verra le jour !

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Après Qui es tu Alaska ?, La face cachée de Margo est sorti en France. Margo aurait pu être la soeur d’Alaska. Même folie, même envie de transgression, même mal de vivre aussi. Quentin après une nuit folle passée auprès de Margo dans un élan de vengeance se surprend à espérer. Finalement, il se pourrait que le garçon gauche ait une chance avec la si populaire Margo ? Mais Margo disparait. Elle a semé des indices. Quentin saura t il la retrouver ? Quentin aurait aussi pu être le frère de Miles. Les mêmes thèmes, des personnages qui se ressemblent, on pourrait croire que c’est le même livre, mais non. Car beaucoup d’ados se ressemblent, ils peuvent vivre la même chose, et pourtant le ressenti n’est jamais le même. Une relation d’amitié forte, un final que j’ai adoré, des personnages hauts en couleur qu’on aurait aimé connaitre  ! Une adaptation devrait aussi voir le jour, avec le mannequin Cara Delevingne pour interpréter Margo. Elle me parait parfaite pour ce rôle ! Wait & see…

Will-Will-Green-Levithan-éditions-Scripto

John Green a également cosigné le roman Will & Will avec David Levithan. David Levithan n’a pas beaucoup publié en France. J’avais lu un autre livre de lui, également écrit à quatre mains, Une nuit à New York. Petit trip newyorkais sympathique, mais avec Will & Will, on passe à un autre niveau. Chaque chapitre concerne Will Grayson, mais alternativement, ce n’est pas le même Will. Et comble de hasard, ces deux Will Grayson vont se rencontrer. Je ne sais pas comment ils ont travaillé réellement, mais j’ai ressenti l’écriture de chacun au fil de ces chapitres. On retrouve le style de John Green dans le premier Will Grayson : il ne veut pas se faire remarquer, il évite toute relation avec filles ou garçons, mais son amitié est sans faille. L’autre Will Grayson est dépressif, son seul réconfort : son petit ami virtuel. Mais dans le virtuel, rien ne se passe jamais comme on voudrait. Je dois dire que les premiers chapitres concernant ce Will ont été difficiles, le style étant pour le moins original. Et puis, rapidement, à mesure que l’on apprend à le connaitre, on comprend exactement pourquoi ce style. Ce style est ce Will Grayson et donc Bravo à David Levithan pour ce Will !
Magnifique roman sur la différence mais aussi sur la volonté de se fondre dans la masse. Vrai problématique adolescent et traité, j’ose le mot, avec brio !

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En 2013 sort Nos etoiles contraires. Je n’avais pas encore lu les autres romans que je viens de citer, ils étaient bien gentiment en attente dans ma bibliothèque. J’avais lu Le théorème de Katherine, le deuxième roman de John Green, mais le quatrième paru en France. Je ne préfère pas m’apesantir là dessus, je ne veux dire que du bien dans ce billet ! Donc, je n’attendais rien de ce  nouveau livre, mais j’avais très envie de le lire. Et je l’ai dévoré ! bien qu’ à la fin, j’ai été vraiment triste d’en avoir fini avec Hazel et Gus. C’est pour ça que quand j’ai appris pour l’adaptation, j’étais ravie, avec une légère apréhension…
Ce roman était tellement fort. Des émotions si fortes, si intenses. Et pour un roman dont l’un des personnages principaux est le Cancer, ce roman est loin d’être alarmiste, ou pleurnichard. Attention, je ne vais pas dire que je n’ai pas versé une petite larme, hein, pas de mensonge avec moi ! Mais ce roman est optimiste ! Oui, vous lisez bien OPTIMISTE !
Si vous vous dites, c’est bon, j’ai vu le film ! Alors, là, je vous crie, oui, il faut au moins ça : NON ! Ne ratez pas le roman !! Si vous ne le lisez pas, vous ne saurez pas tout de Gus. En le lisant,  vous verrez encore plus finement l’humour de Gus, et aussi ses fêlures avec Caroline, personnage absent du roman mais qui a une vraie importance pour comprendre l’amour qu’il porte à Hazel. Vous ne saurez pas pourquoi la balançoire a disparu dans la cour d’Hazel à la fin du film si vous n’ouvrez pas ce livre !

Ce film est beau, c’est une magnifique histoire d’amour. Mais le livre est tellement plus que ça : le Cancer est présent sur les écrans, mais il est palpable dans le roman. Il y a les trucs affreux sur la maladie mais aussi les bons côtés qu’on essaie de trouver dans la maladie. Il y a l’hôpital, les infirmières… Et même si je le répète il y a l’optimisme. Et je ne vous ai parlé que de ce qu’on rate dans le film. Pas la peine de parler de Gus, Hazel, des parents merveilleux, de Peter Van Houten, ils sont parfaits à l’écran.

Voilà. Vous l’aurez compris, j’aime John Green. Il sait retranscrire exactement les émotions, les sentiments, les contradictions de chaque adolescent.
J’ai trouvé cette citation sur le net, je ne sais pas d’où elle vient exactement mais je vous la restitue :
« J’adore l’intensité que les adolescents mettent, non seulement dans leur premier amour, mais aussi dans leurs premiers chagrins, la première fois qu’ils affrontent la question de la souffrance et du sens de la vie. Les adolescents ont le sentiment que la façon dont on va répondre à ces questions va importer. Les adultes aussi, mais ils ne font plus l’expérience quotidienne de cette importance » C’est fou, John Green met toujours les mots justes sur chaque émotion. Même quand il parle de ses romans, il retranscrit exactement ce que je pense.
Cette émotion, cette intensité dans les sentiments adolescents sont vrais. Vous aurez envie de rencontrer Alaska, vivre une virée comme Quentin, avoir le même copain que Will Grayson (le génial Tiny Cooper), vivre une histoire aussi forte que celle de Gus et Hazel.
A chaque roman fini, on se dit une seule chose : ENCORE !

 

L’avis d’Yvain

Lorsque Nos étoiles contraires est sorti en livre, dans un relatif anonymat, mon collègue B. l’avait lu, me l’avait chaudement recommandé… et je suis allègrement passé à côté.

Deux choses m’y ont fait venir avec plus d’un an de décalage. Premièrement, les ados de ma librairie. Je fais toujours attention quand mes clients me recommandent un livre. Je ne tilte pas forcément quand un premier le mentionne, je le note au fond de mon crane à la deuxième occurrence, je me promets de le lire au troisième, et suivant le livre et les clients, je le lis entre le quatrième et le dixième retour positif… Ca m’a permis de découvrir de jolies perles: Tout ce que j’aimais, de Siri Husvedt, Corps et ame, de Franck Conroy, ou plus récemment les polars de Jussi Adler-Olsen. Là, ça m’a tilté quand j’ai vu de façon de plus en plus régulière des ados (filles ET garçons qui plus est) traîner un(e) de leur ami(e)s dans le rayon jeunesse, leur coller le John Green dans les mains, en variant les commentaires sur le credo « Tu te tais, tu l’achètes, tu le lis et on en reparle après ». J’ai commencé à être vraiment intrigué, vu le manque d’enthousiasme de cette frange de ma clientèle pour la lecture dans la ville où j’officie.

Deuxièmement, Le monde de Charlie, de Stephen Chbosky. Un autre roman jeunesse fort joliment adapté en film, dont la vision m’a poussé à lire le livre (prêté par ma libraire jeunesse préférée, alias Sonia ma cobloggueuse.). Petit moment de grâce que ce joli roman grave et apaisé à la fois, où un outcast introverti découvre les joies de l’amitié au sein d’une bande de gentils freaks au grand coeur. Simple, parfois sombre, souvent émouvant et sans pathos aucun, une gentille petite claque qui fait du bien. Plaisir des livres « jeunesse » dont on a le plaisir de constater qu’ils vous font grandir malgré un âge pseudo-avancé. Ne sachant pas trop quoi lire à ce moment là, je me suis dit que le roman des jeunes cancereux si intriguant pouvait être une bonne idée. Grand bien m’en pris…

Difficile de conseiller ce livre à des parents tant le mot « cancer » occulte tout le reste d’un argumentaire à leurs oreilles effarées! Oui, c’est l’histoire de deux ados malades (dont un en rémission, certes) et oui, le cancer est un personnage à part entière. Mais non, ce n’est pas le cœur du livre. Le cœur du livre, c’est la justesse avec laquelle John Green retranscrit l’éclosion d’un premier amour entre deux gamins trop vite grandi, dont le mordant et le sens de l’humour n’a d’égal que l’envie démesurée d’être et de vivre. Pas de pathos dans ces pages ci, mais des répliques cultes à foison, et des scènes, des attentions entre Hazel et Gus qui vous font fondre tout plein comme une glace sous le soleil.

Le film est… mignon, peut-être trop. Il ne retranscrit pas assez l’humour des deux personnages et quelques magnifiques moments sont escamotés pour le public adolescent (dont une scène de lit particulièrement jolie et drôle dans le livre qui reprend juste les codes visuels de n’importe quel scène de ce type dans le film). Le livre reste bien au dessus, et est à conseiller à n’importe quel ado ou adulte qui ait un peu de coeur.

 

POUR QUI ?

Si vous aimez la littérature Jeunesse, ne ratez aucun de ces livres.

Si vous ne lisez pas de Jeunesse, faites une exception, vous ne serez pas déçu !

Si vous avez aimé Dieu me déteste de Hollis Seamon (dont je vous parlerai bientôt !), vous aimerez Nos Etoiles Contraires et aurez envie de vous jeter, à raison, sur les autres !

Bonnes lectures à tous !

Sonia

 

Tes mots sur mes lèvres

tesmotssurmeslèvresJe m’appelle Nastya.
Voilà 452 jours que je ne parle plus. À personne. Depuis que quelqu’un m’a volé ma vie et ma seule passion.
Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit.
Sauf Josh Bennett.
Il est toujours seul, comme moi.
Un jour, il me parle.
Et ma vie change.
Encore une fois.

 

 

Un nouveau lycée. Une jeune fille. Un jeune homme. Une rencontre. Une grande partie des Romans ados commencent un peu comme ça, alors, au premier abord, on peut se dire un roman de plus. Mais non. Un roman comme ça on aimerait en lire souvent ! Il est empreint d’une telle justesse des sentiments que ça en devient palpable, physiquement palpable.

Nastya ne parle pas, au fur et à mesure du roman, avec quelques flashbacks, on va comprendre pourquoi. Elle arrive donc dans ce nouveau lycée avec la volonté, non pas de passer inaperçue, mais de faire suffisament peur pour que personne n’ait envie de lui parler. Et avec ses talons, sa tenue qui passerait comme normale sur un trottoir tard le soir et un maquillage outrancier, elle attise regards, mais pas de tentatives amicales. Parfait selon elle.

Josh, dans le même lycée, aime être seul. Il aime se réfugier dans la salle de menuiserie. Travailler le bois, être seul,c’est le lot de ce garçon qui a comme un « champs de force » autour de lui. Personne ne s’aventure sur son banc. Pourtant, quand il parle, on l’écoute, on le respecte. Mais les autres c’est pas son truc.

L’alternance des paragraphes dédiés à chacun des deux personnages donne une force supplémentaire à leurs pensées, leurs visions de la vie, leurs douleurs. Chacun d’eux porte une souffrance en eux. Pas un petit chagrin d’amour, non, Nastya a subi un grave traumatisme qui l’a laissé comme morte, et Josh a perdu  quasi tous les membres de sa famille en l’espace de quelques années.
Et c’est cette rencontre que nous raconte Katja MILLAY, avec émotion, mais sans sentimentalisme, avec profondeur mais sans misérabilisme, avec une certaine tristesse mais sans apitoiement.
En aucun cas, il faut s’attendre à une véritable action. On découvre les personnages pas à pas. Au gré de leur pensée, de leurs souvenirs. On les découvre quasiment en même temps qu’ils se découvrent entre eux et eux mêmes. Et on apprend à les aimer, petit à petit, avec leurs défauts. Tout est dans la délicatesse, sans aucune niaiserie. Un tour de force pour ce roman qu’on repose triste de devoir laisser ces personnages. Et pas seulement ces deux là. Il y a Drew, le meilleur ami de Josh, le bad boy qui tombe toute les filles. Lui aussi m’a touché, d’une manière complètement différente. D’ailleurs, j’aurais aimé en savoir plus sur Clay, Sarah, la famille de Nastya, voilà le seul reproche que je peux faire à ce roman. Une petite centaine de pages ne m’aurait pas semblé superflue.

Je ne préfère pas en dire trop car on en apprend petit à petit sur ces personnages et trop en dévoiler gacherait une partie du plaisir…

Bien sûr, on peut dire que c’est un énième roman sur le mal être adolescent. Mais, celui ci, comme tous ceux dont je fais un billet d’ailleurs, a ce quelque chose en plus. Ce petit plus qui touche en plein coeur. Et mon coeur à moi a fait un sacré saut à la fin de ce roman tellement je l’ai aimé.

La collection Territoires nous offre un excellent roman et ancre un peu plus sa place dans le rayon « Young Adult » (oui je parle anglais aussi…), ou Jeunes adultes, pour les francophiles !

Pour qui ?

Vous avez aimé « Le ciel est partout », « Coeurs brisés, têtes coupées », ce roman est pour vous !

Pour ceux qui aiment les beaux romans jeunesse qui prennent aux tripes…

Sonia

Délit de Fuite

 

Christophe Léon ,La Joie de Lire – 166 pages.

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Sur le chemin de leur maison de campagne, un père avec son fils traverse un village à très vive allure et percute une femme qui sortait de sa voiture. Le père fait le mauvais choix de s enfuir et s installe dans le déni. Le fils ne peut en rester là ; il va choisir lui, de se rapprocher du fils de la victime (qui n est pas morte) sans lui révéler cependant qu il connaît le coupable… un thriller à sa manière.

Une semaine sur deux, depuis le divorce de ses parents,le samedi matin, Sébastien part avec son père, direction, la campagne. Ce trajet devient une habitude, un rituel.

Loïc,à un an de la majorité, vit à la campagne. Il rêve de partir, quitter ce métier d’agriculteur, cette vie et cette mère un brin envahissante.
Ces deux garçons, à priori, n’auraient jamais dû se rencontrer. Ils vivent dans deux monde différents, le citadin et le campagnard, et puis quatre années les séparent, autant dire une éternité pour des adolescents. Et pourtant, un vendredi soir, tout va basculer et un accident va les rapprocher.

Sébastien et son père dérogent à leur habitude, et partent le vendredi pour un rendez vous avec un plombier. Impossible d’arriver en retard, sous peine de ne pas avoir d’eau chaude du week end. Au vu de l’importance du rendez vous, le père de Sébastien va donc faire fi de toutes les règles de sécurité et adieu la limitation de vitesse, surtout si près du but…

Loïc et sa mère se préparent pour un diner chez des amis de celle ci. Loïc aimerait y échapper, il essaye de la convaincre en vain, même avec la petite phrase assassine que tout ado se doit de prononcer au moins une fois « Vivement que j’aie 18 ans ». Alors, voilà, on y est. La voiture garée, il ne reste plus qu’à descendre…

Et le CHOC. Le choc d’une femme sur le capot d’une voiture. Puis la fuite, la fuite du chauffard,père du garçon, devant les yeux effarés de Sébastien. Loïc, lui, n’arrive pas à y croire, impuissant, en état de choc, il voit sa mère partir d’urgence à l’hôpital.

Christophe Léon nous offre ici un roman poignant, extrêmement bien écrit qui se lit d’une traite. Comment un garçon peut continuer à respecter son père quand celui ci déroge aux lois ? Comment un jeune homme peut continuer à vivre normalement avec une mère dans le coma ? Sans même parler de l’histoire, intense, la construction même du roman m’a plue, et a sublimé le sujet. Les chapitres s’alternent, l’un du point de vue de Sébastien, l’autre de Loïc, l’un avec un sujet à la première personne, l’autre avec l’utilisation de la deuxième personne. et pour autant, on se sent proche des deux personnages. Ces deux garçons, victimes de l’abandon d’un de leurs parents, perdus, vont pourtant se trouver.

C’est un roman sur l’amitié, sur la loyauté et surtout sur la responsabilité. La responsabilité du père dans l’accident, la responsabilité que ressent Sébastien, de ne pas avoir parlé, d’avoir fait comme son père voulait alors qu’il trouvait ça mal, la responsabilité de Loïc qui s’occupe seul de sa mère, tous les jours à son chevet, pour lui parler, pour enfin l’aider à se réveiller. Des thèmes souvent abordés en Littérature Ado, me direz vous. Et vous aurez bien raison, mais ici, c’est tout en finesse, avec intelligence. Je ne connaissais pas cet auteur, et à dire vrai, j’avais complètement raté la sortie de ce roman en 2011. Les couvertures de la Collection Encrage chez La Joie de Lire ne m’ont jamais donné envie, et c’est comme ça qu’on peut passer à côté de pépites comme celle ci. Comme vous avez dû le remarquer, Eric Cantona est sur la couverture. Pas pour le fun, car ce petit bijou a été adapté à la télévision, et vous pourrez le voir dès le 8 Janvier, aujourd’hui. Le roman est ressorti en septembre 2013, mais la diffusion du téléfilm ayant été plusieurs fois repoussée, ce billet a attendu

J’espère que ce téléfilm sera réellement centré sur la relation des deux garçons et pas sur le personnage du père interprété par Cantona… Wait & see.

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Je suis sa fille

Benoit Minvillenouvautes0

Editions Sarbacane – 254 pages.

je suis sa fille.jpgC’est l’histoire de Joan, qui a été élevée par son père sur fond de hard rock et de westerns. C’est l’histoire du père de Joan, un visage de plus écrasé par le Grand Capital.
C’est l’histoire de Hugo, le meilleur ami de Joan, qui décide de l’accompagner pour quand elle hurle :

 

Il faut que ça change !
Je veux que ça s’arrête !
On va tuer le Grand Patron !

Deux ados embarqués dans un road-trip ébouriffant, sur la N7 direction Nice…
Ils ne savent pas ce qui les attend. L’aventure. L’amour. Les rencontres.
Fuck la crise, vive la vie !

Le prologue donne le ton : Joan, arme au poing tient en joue « le visage terrifié du Grand Patron Français » et elle est prête à tirer, à venger son père, à se venger, elle, qui vient de faire un grand pas vers l’âge adulte.

Pourquoi et comment une ado, à priori normale, en est arrivée là ? La crise l’y a poussée et une voiture volée l’y a conduite. Aussi simple que ça. Oui, mais non, rien n’est simple.

Joan et son père vivent ensemble, pendant un long moment, très heureux, d’ailleurs. Mais, la vie se fait de plus en plus difficile : pénibilité du travail, où il faut tout donner, et même tout ce n’est pas assez, pas assez pour le Grand Capital, le Grand Patron qui en veut toujours plus. Dépression. Chômage. Et arrive l’erreur, le braquage avec un jouet suivi d’une bavure. Et la police est là, sur le seuil de la porte, en train de parler de blessure et d’hôpital… Joan, la rage au coeur et au ventre, de voir son père, silencieux sur son lit d’hôpital, a besoin de se trouver un coupable. Il est tout désigné : le Grand Méchant Patron. Voilà le pourquoi.

Pour aider Joan, son meilleur ami Hugo, lui propose d’aller le retrouver ce Patron, dans sa belle maison de vacances, à Nice. Pour y aller, facile : voler la voiture du grand frère qui n’est rien d’autre que son trésor, et direction le Sud, via la Nationale 7. Et voilà le comment.

Et c’est parti pour un road book intense !

Au mois de Juin, lors d’une présentation Sarbacane pour la rentrée, Benoit Minville nous avait présenté son bébé. Il avait parlé de lui, du comment, du pourquoi l’idée du livre. Au milieu de tout ça, il a parlé de Virgin, il pensait aux libraires, et à tous les autres, qui allaient être comme le père de Joan, au chômage, avec pas grand chose comme solde de tout compte et un avenir plus qu’incertain. Je faisais partie de ceux là. Bref. Alors, bon, ce livre, avant même de le lire j’avais envie de l’aimer parce que son auteur me plaisait.

J’ai patienté, plus de deux mois pour l’avoir entre les mains ce nouvel roman Exprim’. Donc, quand est arrivée la date de sortie, j’étais prête ! Je l’ai eu entre les mains, et là, légère déception : la couverture me semblait terne par rapport à ce que je pensais avoir entre les mains. Tout en me disant, que j’en attendais peut être trop finalement, que je devais me préparer à être déçue.

Et puis, je l’ai ouvert, commencé, dévoré…

J’ai lu la bande son : Rage against the machine, Prodigy, NTM, Charles Trenet, entre autres, et tout de suite j’ai été rassurée ! Ca allait swinguer !

Ce roman, c’est de l’action, partir pour retrouver le coupable, le Grand Coupable, celui que tout le monde peut accuser chez soi. Tout augmente, on délocalise, on perd nos emplois, pour enrichir quelques uns, on appauvrit un peu plus la classe moyenne. Simple, ou simpliste comme idée peut être. Mais quand on est une ado, c’est clair. Et puis c’est aussi ,surtout d’ailleurs, une fuite, la fuite de la réalité, la fuite de son père qu’elle ne veut pas voir mourir. Elle a désespérément besoin d’avoir un visage humain pour coupable. La Société, la Crise, tout ça avec des majuscules, c’est difficile de leur péter la gueule, de se défouler sur eux, physiquement, j’entends. Alors, toute la haine, la rancoeur de Joan se cristallise en une seule et unique personne. C’est lui le Méchant. Mais qui est vraiment le Méchant quand on a une arme dans le vide poche de sa voiture ?

Rien n’est simple, pour Joan, elle a terriblement envie de sortir toute sa rage, pour qu’elle ne lui mange pas la tête petit à petit, et ce Lassale, c’est un but, une cible à abattre. Et puis, il y a la culpabilité. Venger son père, OK, mais en tuant quelqu’un. Difficile à gérer. A digérer aussi. Surtout quand on a eu un père qui nous inculqué des valeurs. Alors Joan, elle se bat entre tout ça, avec dans sa tête des phrases de son père… Car ce père est présent à chaque page, son éducation, ses blagues, sa joie de vivre, et sa dépression aussi.

 » Papa, je pars te venger, et je veux croire, pour me donner du courage ou légitimer mon choix, que TOUS les enfants qui aiment leurs parents comme je t’aime feraient de même. C’est pour là que nous sommes là, non ? Pour que vous soyez fier de nous et que nous réussissions là où vous avez échoué, enfin… là où vous vous êtes arrêtés.[…]J’ai pas demandé à voir tes larmes séchées sur tes joues, ces crevasses dans ton être, causées par tout ça. Je n’ai pas demandé à pâtir de votre boulimie de temps, de votre appât du gain, quand moi je voulais goûter à la vie en toute simplicité. Et je n’arrive pas à conjurer les souffrances inutiles; je n’accepte plus les gros titres désespérés. Et JE change les règles pour qu’ON avance encore. Au prix fort. Un prix qu’ils ne pourront jamais mettre sur ma morale. Jamais. Grâce à toi. »

Joan , en plus d’une relation père-fille très forte, a aussi la chance d’avoir un Ami, celui qui t’aide à porter le cadavre au milieu de la nuit, Hugo.

Hugo, le beau, le fou, le drôle. Hugo qui a besoin de crier son envie de vivre, lui le miraculé. Hugo qui décide de prendre le temps, qui choisit la Nationale 7, Hugo qui nous fait rire au milieu de cette tension. Car, OUI, on rit en lisant ce roman ! La crise est là, la mort plane, mais il y a la vie, le rire l’espoir, Hugo. C’est ça la force de ce magnifique livre, on cotoie la difficulté de la vie, mais d’une page à l’autre, on découvre aussi l’amour naissant, les bêtises qu’on peut faire quand on a 18 ans…

Attention, ici pas de mievrerie, de bons sentiments, tout est plus complexe, l’amour, l’amitié, la culpabilité, la rage est là aussi présente, prenante, intense.

« Mourir maintenant, Maintenant,[…] Non ! Je veux vivre, freine, pour Papa, pour Hugo, pour voir demain ! Tout ce que j’ai à faire, à connaitre, à gouter… Je veux pas que ça s’arrête, s’il te plait non ! Freine Hugo, je veux ce demain si angoissant, tant pis, tant pis, et puis on verra… »

Il y a un autre personnage, que j’ai juste ADORE, Blanche, lisez « Je suis sa fille », et vous découvrirez son visage d’ange, ses fêlures et ses espoirs…

Donc, dans ce roman, il y a du swing, du rock, de la peur, des larmes, de la haine, de l’amour, de l’amitié, bon cocktail pour un roman ado, et quand c’est servi par un barman comme Benoit Minville, moi je dis : UN AUTRE !

Encore une fois, Merci à Tibo Bérard, pour trouver des merveilles pareilles !

Pour qui ?

Pour les grands ados, pour les adultes qui ont envie d’une lecture coup de poing.

Pour ceux qui veulent une lecture, à la fois drôle et intense.

Pour ceux qui aiment Exprim’, car ce roman est dans la ligne éditoriale de cette collection.

 Sonia

 

La 5ème Vague

Rick Yancey – traduit de l’américain par Francine Deroyanrattrapage0

Ed. Robert Laffont – 608 pages

vague.jpg« Je me suis quasiment trompée sur tout depuis l’Arrivée. Je suis peut-être bel et bien la dernière humaine sur Terre. Je suis peut être même – non, je suis probablement – condamnée.

Si c’est le cas, si je suis le dernier spécimen de l’humanité, putain, je ne vais sûrement pas laisser l’histoire se terminer comme ça. OK, je suis peut-être la dernière femme vivante, mais je suis encore debout. Je suis celle qui fait face au tireur sans visage dans les bois, sur l’autoroute abandonnée. Je suis celle qui ne s’enfuit pas, qui ne se contente pas de rester là, mais qui affronte.

Parce que, si je suis la dernière, alors je suis l’Humanité.

Et si c’est notre ultime guerre, je suis son champs de bataille. »

Bon, vous avez deux romans à déguster avec les deux précédents billets, alors un peu de Jeunesse, et pas de Rentrée Littéraire, cette fois ci ! Ne soyez pas déçus, c’est bien aussi !

Une extermination, ça se prépare, ça s’organise, ça se planifie, surtout quand on veut tuer toutes les vermines. Bon, dans la 5ème Vague, les vermines, ce sont nous, les humains. Et l’extermination vient des aliens. Et oui, c’est trop old school, les gentils extraterrestres, pas de mignon petit E.T. qui pointe le doigt vers le ciel en disant « maison ». Leur nouveau foyer c’est la Terre et donc le mieux, pour s’installer tranquillement c’est de virer les anciens occupants. Pour bien faire, pas la peine de se précipiter, il faut savoir prendre le temps.

Le temps de :

La Première Vague: Extinction des feux.

La Deuxième Vague : Déferlante.

La Troisième Vague : Pandémie.

La Quatrième Vague : Silence.

Et on plonge avec délice dans la Cinquième Vague. Je dis délice, parce que j’ai dévoré ce roman, mais en fait, pour les humains rien de délicieux. Ils sont peu les survivants des premières Vagues, et la dernière est bien plus pernicieuse. Les aliens, Eux, les Autres, comme Cassie les appelle, nous ressemble, ils sont comme nous. Pas de petits bonhommes verts. Ils ont une tête, deux yeux, un nez, une bouche, et au bout de leurs bras, une arme bien humaine pour vous tuer comme n’importe quel autre humain peut le faire.

Bref, cette Vague, c’est celle où les survivants ont peur de l’autre, parce qu’ils sont comme les Autres. Aucun moyen de savoir. Alors, pour être sûr, autant tuer tout ce qui se rapproche. C’est le créneau de la nouvelle vie de Cassie. Tuer pour manger, rester seule, ne faire confiance à personne, faire confiance c’est mourir. Se cacher, et tuer encore et toujours pour ne pas être tuée.

Au milieu de sa survie, elle nous raconte les premières Vagues, après l’euphorie de la découverte de nouveaux « amis », il y a la révélation importante : ce ne sont PAS nos amis. Puis vient la maladie, et ensuite le silence de l’attente, le Silence de la Mort aussi qui rôde, qui guette, qui est prêt à se jeter sur vous sans crier gare. Le silence où se mêle la peur de tout. Chaque bruit peut venir d’un ennemi. Et pour Cassie, tout le monde est un possible ennemi, pour ce qu’elle en sait, elle est peut être la dernière humaine sur Terre… Et elle ne va pas renoncer à se battre jusqu’au bout.

Les héros dans ce roman sont multiples, Cassie, le Silencieux, Evan Walker, Sammy, Ben Parish, Zombie (si vous êtes gavés par les zombies, et c’est bien possible si vous avez vu World War Z !, pas d’inquiétude, ce n’est qu’un surnom), leurs facettes sont plusieurs aussi, gentils, méchants, entre les deux, et surtout, on ne sait pas trop de quel côté ils sont. On ne sait même pas toujours ce qu’ils sont, humains, aliens…

On se retouve au milieu d’eux, happé par une lecture qui ne cache pas les morts, on est dedans, on peut presque sentir la poudre du flingue qui vient de tirer, le sang qui coule, la violence de la survie. Oui, survivre ça fait mal. Il faut avancer, en pleurant sur ceux qui sont partis, mais pas trop longtemps, le tireur embusqué n’attend pas. Au milieu de cette violence si peu contenue, Rick Yancey arrive même à nous faire sourire, car oui, Cassie est drôle malgré tout, sans doute ce qui la rend encore plus humaine, dans cet océan d’aliens !

Une lecture intense, rythmée par les différents narrateurs, une fuite en avant vers la Survie, l’Espoir. Impossible de le lâcher, on tourne les pages sans même s’en rendre compte, une écriture fluide, sans prise de tête, juste addictive par ses mots simples dans une situation complexe.

Bref, ça fait du bien de lire un roman Jeunesse qui ne soit pas dystopique ou sur les vampires/anges/loups garous etc, les Extraterrestres, sans doute la nouvelle tendance, mais qui surprend enfin.  Un roman original qui surnage parmi les romances du même genre qui trainent sur les tables de nouveautés Jeunes adultes. Ici, on ne se pose pas de questions existentielles, une lecture plaisir entrainante !

C’est le premier d’une trilogie, mais on peut aussi s’arrêter là. Il aurait pu se suffir à lui même, pas de cliffhanger de fou, où on se jette sur l’ordi pour savoir quand va sortir la suite. Si vous voulez quand même le savoir, la suite sortira en 2014, parce que, voilà, quand c’est bon, on se ressert bien une deuxième fois !

Pas de grand suspense, en disant que les droits ont été rachetés, mais comme quasiment tous les romans jeunesse avec un peu d’action, il n’y a plus qu’à attendre les premières images pour se réjouir d’une mise à l’Ecran.

Pour qui ?

Pour les lecteurs d’Hunger games mais qui veulent changer du roman dystopique.

Pour tous ceux qui pensent que les aliens existent. Pour ceux qui doutent de l’existence des aliens.

Pour les amateurs d’émotions fortes.

Bonnes lectures à tous !

Sonia

Max

Sarah Cohen-Scalinouvautes0

Gallimard Jeunesse – 472 pages

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19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais nâitre dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. la race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je hairai au lieu d’aimer. Heil Hitler !

Max, pas encore né, est un fervent admirateur du Führer. Il a été conçu pour ça, et ne veut vivre que pour lui, son Père, et sa mère la Patrie. Car Max fait partie de l’élite. Il n’a pas été fait au hasard, ni par amour Non, Max est le fruit d’un programme, le « Lebensborn ».

Pour être franche, avant de lire ce roman de Sarah Cohen-Scali, je n’avais jamais entendu parler du Lebensborn. Je vais donc supposer que vous êtes aussi ignorants que moi, (histoire de ne pas me sentir trop nulle), et sans me la jouer Wiki, je vais vous résumer très brièvement, ce qu’est ce programme : Il a été initié par Himmler, dans les années 30. Le but était la création et le développement de la race aryenne. Des jeunes filles, avec toutes les qualités requises s’accouplaient avec des soldats SS dans le but de créer la nouvelle génération aryenne, parfaite, pour ensuite les donner à adopter. On estime à environ huit mille le nombre d’enfants nés dans les foyers du Lebensborn, en Allemagne. Il y en a eu également en Norvège, en France et en Belgique.  Ce programme n’était, encore dans les années70,  évoqué qu’en étant une simple rumeur. Mais la réalité est là, ces maternités ont existé, et Max, purement fictif, lui, en est le produit.

Max va donc être le premier à naitre, il le veut, il est têtu, et doit avoir toutes les qualités innées à sa race. Qu’importe la manière d’arriver à ses fins, il est né nazi, et sa vie sera dédiée au Führer, et  à son idéologie. De sa naissance, en 1936, le même jour que Adolf Hitler !, jusqu’à la fin de la guerre, Max nous raconte sa vie, ses pensées, ses envies, ses peurs, enfin les peurs que s’autorisent un enfant nazi qui ne doit jamais avoir peur…

On assiste au travers les yeux de Max à la préparation de la seconde guerre mondiale, puis à la guerre même. Les yeux d’un enfant, oui, mais pas un enfant comme les autres. Un nazi. Il a été endoctriné, son idéologie s’est enracinée dans chacun de ses pores. Ses rencontres, ses missions, vont le faire réfléchir, plier quelquefois, mais il n’oublie pas ce qu’il est. Max ne s’appelle pas vraiment Max d’ailleurs, il se nomme Konrad. Max c’est le nom que lui donne sa mère, la vraie, et c’est le nom que je préfère garder pour lui, histoire de le rendre plus humain, car, Konrad, lui est impitoyable.

C’est violent. Dans les mots, dans les actes. A la fois complètement fascinant, et vraiment dérangeant. On tourne les pages, on a envie de le sauver ce Max, mais pas que, on a aussi envie qu’il se taise, à tout jamais. Il s’exprime comme un adulte, avec un langage clair, structuré, et tout d’un coup, d’une question, d’un étonnement, on se souvient qu’il n’est qu’un enfant. Un enfant né sans amour, seul. Après le foyer, il va partir en mission, il contribuera ainsi à l’enlèvement puis la germanisation d’enfants polonais. Ensuite, il est envoyé dans le foyer de Kalish, où les enfants kidnappés reçoivent une éducation particulière pour devenir de parfaits petits aryens. C’est là qu’il rencontre Lukas, ce garçon qu’il va aimer, détester comme un frère. Entre devoir et sentiment, Max va se trouver confronter à plusieurs dilemmes…

Pour être honnête, j’ai hésité à faire de ce roman un billet. Ici, on ne parle que de coups de cœur, et je n’arrivais pas à me dire que c’en était un. Oui, avec cette lecture, des coups au cœur, j’en ai eu, oui c’est extrêmement bien écrit, oui, on sent qu’il a été très bien documenté, oui, on ne peut plus s’arrêter de lire, bref, ouic’est une lecture plus que prenante. Pourtant, je n’arrivais pas à me dire « c’est un coup de cœur ». Je ne peux pas dire que j’ai adoré ce livre, car c’est faux, j’ai souffert en le lisant, littéralement. Il s’inspire de faits réels. Max n’est pas réel, mais l’idéologie l’est. Il est dur, très dur. Alors voilà, ce n’est pas un livre que j’ai adoré, mais oui, vraiment, je le pense de tout mon cœur c’est une lecture forte et nécessaire. On ne peut pas passer à côté d’un roman comme celui là. Il prend aux tripes, c’est difficile de s’en détacher. Il fait mal, fait réfléchir, fait avancer. Chaque étape de la vie de Max est une facette de la réalité de cette guerre, et elle nous saute au visage avec violence, sans aucun moyen de la cacher ou de la taire.

Il est vrai que des romans traitant de la même période, il y en a foison, mais celui-ci a une force que j’ai rarement connue.

Je tiens à souligner l’importance d’une collection comme Scripto, chez Gallimard jeunesse,. Je ne peux pas imaginer ce roman chez un autre éditeur. Bien sûr, il y a des textes drôles et légers, chez Scripto, mais il y a aussi et surtout des textes qui donnent à réfléchir à nos ados, et Max est un de ceux là. Alors Merci !

Pour qui ?

Pour les ados de 15 ans et plus qui ont le cœur bien accroché.

Pour ceux qui ont lu et aimé « Ce qu’il n’ont pas pu nous prendre » de Ruta Sepetys (chez Scripto !). Et ceux qui ne l’ont pas lu, lisez le !

Pour toutes les personnes qui n’ont jamais entendu parler du Lebensborn, et qui pensaient en savoir suffisamment sur la seconde guerre.

Bonne lecture à tous et à toutes

Sonia.