Auprès de moi toujours

indispensable0Kazuo Ishiguro – traduit de l’anglais par Anne Rabinovitch

Ed. Folio – 441 pages 

 

aupres-de-moi.gif Quand je roule aujourd’hui dans la campagne, je découvre encore des détails qui me rappellent Hailsham. Je dépasse l’angle d’un champ brumeux, ou, en descendant le flanc d’une vallée, j’aperçois au loin le fragment d’une grande maison, ou même un bouquet de peupliers disposés d’une certaine façon sur un versant de colline, et je pense : « C’est sans doute ça ! Je l’ai trouvé ! C’est vraiment Hailsham ! ». Puis je comprends que c’est impossible, je continue ma route, et mes pensées dérivent.

 

 

Kath, la narratrice, et ses amis Tommy et Ruth, ont été élevés à Hailsham, une école isolée et agréable dont ils ne sont jamais sortis avant leur seize ans. Là bas, chaperonnés par des Gardiens bienveillants et mystérieux, on y apprenait principalement à développer sa créativité. Les souvenirs de Kath une fois adulte composent la trame de ce roman, dont le caractère bucolique s’épaissit de plus en plus d’un mystère omniprésent et angoissant : de quoi sera fait l’avenir de ces élèves qui ne connaissent rien du monde extérieur, et pourquoi leur fait-on constamment comprendre qu’ils sont spéciaux, et que leur destin est tout tracé ?

 

Difficile de parler d’un roman dont il ne faut presque rien dire, tant le mystère y est précieux et se dévoile petit à petit. Tout est ambiance dans l’écriture d’Ishiguro, et on va, comme les élèves, d’indices en indices menant à une tragique conclusion, pourtant décrite toute en finesse.

 

 C’est avant tout une histoire d’amitié et d’amour qui nous est décrite, le trio de protagonistes et leurs relations au fur et à mesure des années étant le ciment de leurs découvertes et de la façon de décider (ou non) de leur vie.

 

Ce qui m’a le plus surpris dans ce roman (et dans le film qui en a été tiré) est la grande douceur qui émane du récit, quand bien même les « révélations » font froid dans le dos. C’est aussi un art superbement consommé du suspense, qui entrouvre la vérité au lecteur par toutes petites touches, par un détail, un détour de phrase. Le roman est divisé en trois parties distinctes, qui iront de Hailsham à l’âge adulte de nos trois héros, et qui ont chacun leur ambiance et leur lot de découvertes, mais je ne m’étendrais pas plus sur le sujet, de peur de trop vous en dévoiler…

 

Un très joli livre, en tout cas, à découvrir…

 

Pour qui :

Pour ceux qui aiment s’embarquer dans un roman sans rien présumer.

Pour les amateurs de mystère.

Pour ceux qui ne sont pas trop fans d’anticipation, c’est l’occasion d’en lire une des plus étonnantes, à l’allure très classique.

Pour ceux qui aiment l’écriture par toutes petites touches, douce mais très prenante.

Pour les fans d’histoire oscillant entre amour et amitié.

 

Bonnes lectures à tous

Yvain

 

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